Imagen de archivo de Javier García Gaztelu, alias Txapote - EUROPA PRESS

La France soutient la livraison à l’Espagne de trois anciens dirigeants de l’ETA pour les attentats de 2000 et 1996

La justice française s’ouvre à la coopération judiciaire antiterroriste entre Paris et Madrid. Ce mercredi, la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris a autorisé la remise en Espagne des anciens dirigeants de l’ETA Juan Antonio Olarra Guridi, Ainhoa ​​​​Múgica Goñi et Javier García Gaztelu, alias Txapote, requis par le Tribunal national pour être jugés pour deux attentats qui ont marqué l’histoire récente du terrorisme en Espagne.

La première ordonnance européenne, approuvée par le tribunal, fait référence à l’assassinat du lieutenant-colonel de l’armée, Pedro Antonio Blanco, perpétré à Madrid en janvier 2000. Le militaire a été tué d’une balle dans la nuque alors qu’il se dirigeait vers son véhicule dans le quartier madrilène d’Aluche, dans un attentat qui a marqué une rupture symbolique et sanglante : il s’agissait du premier assassinat de l’ETA après 19 mois de cessez-le-feu, avec lequel le groupe terroriste avait interrompu son activité meurtrière depuis la mort du Populaire Conseiller du parti Manuel Zamarreño en juin 1998.



Lors de la lecture du jugement, le président de la chambre française a souligné que les trois accusés s’exposent, s’ils sont reconnus coupables en Espagne, à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison, conformément aux limites envisagées dans l’ordonnance européenne et la législation applicable. Les magistrats ont souligné que, bien que les crimes aient été commis sur le territoire espagnol, la décision devait passer par la juridiction française puisque les trois hommes avaient été arrêtés en France, pays où ils restaient emprisonnés pour d’autres raisons liées à leur appartenance à l’organisation terroriste.

Mais la résolution judiciaire ne se limite pas à Madrid. Dans le même acte, le tribunal français a accepté un deuxième mandat d’arrêt d’un euro contre Txapote, cette fois pour son implication dans l’attentat à la voiture piégée perpétré en juillet 1996 à Saint-Sébastien, au cours duquel le cuisinier de la caserne de la police, Albino Alfredo Machado, est mort. L’explosion, provoquée par une bombe collante attachée au véhicule, a marqué l’une des périodes les plus dures de l’activité de l’ETA au Pays Basque, lorsque les attaques contre les forces de sécurité et les civils faisaient partie de sa stratégie terroriste soutenue.

La décision ouvre ainsi la porte à la comparution des trois anciens dirigeants terroristes devant la Cour nationale, dans le cadre d’un processus judiciaire qui permettra aux victimes d’être à nouveau entendues par les tribunaux et de réactiver des dossiers qui continuent d’être des blessures ouvertes pour de nombreuses familles.

Une mise en œuvre efficace nécessitera encore des procédures administratives supplémentaires, mais des sources juridiques soulignent que l’approbation judiciaire constitue l’étape déterminante.





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