Les conservateurs français brisent la discipline électorale et donnent leur «oui» pour évincer Von der Leyen
Petit tremblement de terre à droite européenne. Le Mercosur est devenu la ligne rouge pour les conservateurs français et c'est la raison pour laquelle ils ont lancé un « avertissement » à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour qu'elle exprime clairement sa position contre l'accord entre l'Union européenne et le bloc économique latino-américain.
Ce jeudi, le président de la Commission européenne a échappé à deux motions de censure, l'une présentée par la droite et l'autre par la gauche. Les Républicains (LR), emmenés par François-Xavier Bellamy, ont voté ce jeudi matin en faveur d'une des motions contre le leader européen à Strasbourg. Le vice-président de LR a voulu lancer un « avertissement clair » à propos du Mercosur.
« C'est une motion qui n'avait aucune chance d'être approuvée », a expliqué le chef de la délégation française. « Mais pour nous, c'est une manière de lancer un avertissement clair sur un sujet qui est critique pour nous : le Mercosur. C'est aussi une manière d'exiger le respect de nos démocraties, puisque la motion mentionnait que les parlements nationaux ne pouvaient pas participer à la ratification du Mercosur. Cela rejoint la politique que nous défendons chaque jour ici avec Céline Imart pour la défense de nos agriculteurs », a poursuivi François-Xavier Bellamy.
Les deux motions de censure présentées contre Von der Leyen ont été mises aux voix et rejetées. Quatre des six membres des conservateurs français, François-Xavier Bellamy, Laurent Castillo, Christophe Gomart et Céline Imart, ont voté favorablement à l'initiative présentée par Patriotes pour l'Europe, le groupe auquel appartient la délégation du Rassemblement national.
La motion de censure suite à l'accord commercial du bloc communautaire avec le Mercosur 179 voix pour, 378 contre et 37 abstentions. L'autre motion de censure, présentée par la gauche radicale, n'a obtenu que 133 voix, 383 contre et 78 abstentions. Pour que les deux motions aboutissent, il aurait fallu 361 voix sur 594 voix exprimées.
« Faire entendre la voix des Français »
Le soutien des députés français du Parti populaire européen (PPE) à l'initiative des Patriotes n'a pas influencé le résultat du vote, mais il envoie un signal, puisque le président de la Commission européenne appartient à la même famille politique européenne. Les deux derniers députés de la délégation n'ont pas voté sur la motion : Nadine Morano s'est abstenue et Isabelle Le Callennec n'a pas participé au vote.
Bellamy ne craint pas que la décision de ses six députés puisse fracturer le PPE, noyau de la coalition majoritaire au Parlement européen : « Nous sommes totalement attachés au PPE. »
« Nous obtenons chaque jour des résultats en termes de simplification réglementaire pour le monde agricole, de suppression des restrictions réglementaires pour les entreprises, d'immigration, etc. Mais je ne suis pas au Parlement européen pour faire entendre la voix de la Commission européenne. Je suis là pour faire entendre la voix des Français devant la Commission européenne », a expliqué le chef des députés français.
En juillet dernier, une motion de censure a été présentée contre le président de la Commission européenne, mais l'ensemble du PPE ne l'a pas soutenue. « Cela ne reposait pas sur des arguments valables », a justifié François-Xavier Bellamy. « De même, nous avons voté aujourd'hui contre la motion de censure qui reprochait à la Commission européenne de ne pas avoir dénoncé un génocide à Gaza. Nous ne votons pas pour ce type de motions par plaisir, ni automatiquement », a-t-il poursuivi son explication.
