Hommage à Badinter : il a aboli la peine de mort… et défendu les membres de l'ETA
Une représentation de la France officielle : acteurs, écrivains, intellectuels, militaires et religieux. Et de nombreux politiques, de Macron à Lecornu, en passant par Barnier, Bayrou et Hollande. Et de nombreux spectateurs anonymes dans les rues autour du Panthéon, le temple qui abrite les Français à Paris, considéré comme un exemple pour la nation.
C'était un hommage à Robert Badinter, avocat et garde des Sceaux sous le mandat de François Mitterrand. L'homme politique responsable de l'abolition de la peine de mort en France (9 octobre 1981) et de la dépénalisation de l'homosexualité (1982).
La figure de Badinter, détestée et insultée à l'époque, considérée par de nombreux Français comme un « ami des meurtriers », a rencontré ce 9 octobre un autre ennemi de la peine de mort, Victor Hugo, au Panthéon, où reposent également les restes et la mémoire de personnes comme Simone Veil, l'homme politique conservateur qui s'est battu pour obtenir « la loi de l'interruption volontaire de grossesse », de la chanteuse nord-américaine et résistante française, Joséphine Baker, Marie Curie, Alexandre Dumas, André Malraux, Jean Monnet, Jean Moulin, Voltaire ou Zola, entre autres.
Robert Badinter, dont la famille, originaire de l'ancienne Bessarabie (Empire russe), aujourd'hui Moldavie, a fui les pogroms de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, a été témoin de l'arrestation de son père à Lyon (1943), alors qu'il n'avait que 15 ans. Elle ne l'a jamais revu. Comme d’autres membres de sa famille, il fut déporté et assassiné dans les camps de concentration nazis.
L'hommage à Robert Badinter, présidé par le président Emmanuel Macron, a été entaché par la vandalisation de sa tombe dans un petit cimetière près de Paris. La « palestinisation » de la politique française, promue par une partie de la gauche, a donné naissance à un antijudaïsme, déguisé en antisionisme, chez de nombreux individus qui ont ôté tous leurs masques pour devenir les imitateurs de ceux qui ont collaboré à la persécution des juifs français et étrangers pendant l’occupation nazie du pays. Dans son discours, Macron a rappelé que la haine des Juifs que Badinter a vécue dans sa jeunesse est toujours présente aujourd’hui.
Robert Badinter est également un exemple de la bonté de l’État de droit, qui permet même à la vermine terroriste de se défendre dignement. Robert Badinter était l'avocat de plusieurs militants de l'ETA.
