Pourquoi tant de trains en France sont-ils annulés pendant les canicules ?

Les navetteurs désignent des pays d’Afrique et d’Asie où les trains circulent encore sous une chaleur extrême

La canicule intense actuelle a entraîné des annulations de trains dans toute la France

L’opérateur ferroviaire français SNCF a fait la une des journaux au cours de la dernière décennie. canicule historique actuelle en annulant les services de manière préventive.

Des dizaines de trains ont été supprimés depuis le début de la canicule la semaine dernière, dont des trains locaux TER, des TGV à grande vitesse (InOui et OuiGo) ainsi que des trains Intercités (comportant également des suppressions totales de services de nuit).

Dans la capitale Île-de-France, environ 10 % de tous les trains de banlieue ont été supprimés jusqu’à nouvel ordre, avec des appels au travail à domicile lorsque cela est possible pour éviter la surpopulation dans les trains.

Cependant, cela n’a pas empêché les incidents de pannes de trains sur le réseau ferroviaire national pendant la canicule, notamment un TGV bloqué pendant plusieurs heures près de Dijon où les passagers se sont plaints du manque d’eau, de toilettes et de températures torrides à l’intérieur des wagons.

Dans l’ensemble cependant, la prudence du réseau a minimisé le risque de problèmes massifs pour les passagers, et le chef de la SNCF, Jean Castex, a plaidé pour que les voyageurs vulnérables évitent d’utiliser les trains jusqu’à ce que la canicule s’apaise.

Pourquoi les trains sont-ils impactés ?

Le réseau ferroviaire fait partie des services publics les plus touchés par la canicule, affecté par plusieurs facteurs.

Le plus important d’entre eux est l’impact de la chaleur sur l’infrastructure ferroviaire, notamment sur le matériel roulant, les lignes aériennes et sur les rails eux-mêmes.

Alors que le parc ferroviaire français se modernise lentement, plusieurs lignes s’appuient sur des trains qui datent pour certaines des années 1970.

Ces trains plus anciens existent sans les équipements modernes qui rendent supportable les déplacements par temps chaud (pas de climatisationpotentiellement pas de prise de courant, etc.), et ont été fabriqués à une époque où il était presque impensable que les températures en France puissent dépasser les 40°C pendant plusieurs jours.

Ces voitures ont été construites pour ne pas résister à des températures aussi élevées et, lorsqu’elles voyagent sous un soleil de plomb, elles fonctionnent comme un four, devenant de plus en plus chaudes à l’intérieur et laissant peu de place à la chaleur pour s’échapper.

Comme les températures nocturnes restent bien supérieures à la moyenne de la saison, les wagons ne se refroidissent pas naturellement, ce qui signifie que les températures sont déjà extrêmement chaudes avant même que les passagers ne commencent à embarquer sur le premier service de la journée.

Un autre problème est que sur les lignes électrifiées (un peu plus de la moitié des routes du pays sont électrifiées, ces routes représentant 85 % du trafic global), les câbles aériens peuvent s’affaisser en cas de chaleur excessive.

Les trains courent le risque d’entrer en collision avec des câbles, entraînant des accidents et des retards. Les trains doivent donc rouler plus lentement que d’habitude pour éviter ces objets, ou dans les cas extrêmes, les voyages doivent être annulés jusqu’à ce que les températures baissent.

Le problème le plus répandu est toutefois l’impact du temps chaud sur les rails eux-mêmes.

Les rails en acier peuvent être beaucoup plus chauds au toucher que les températures enregistrées – dans certains cas autour de 60 °C – ce qui les amène à se dilater et à se courber lorsqu’ils heurtent d’autres sections de voie – un processus connu sous le nom de « flambage ».

Cela menace les trains circulant le long de l’itinéraire de dérailler, ce qui entraînerait un ralentissement des trains ou leur annulation totale par mesure de précaution contre des accidents majeurs.

La durée de la canicule actuelle et les températures nocturnes élevées signifient que les rails ne se refroidissent pas pendant la nuit, ce qui rend le problème d’autant plus grave que la canicule dure longtemps.

Pourquoi y a-t-il des annulations en France ?

En période de canicule et d’annulations ultérieures, les passagers peuvent être frustrés notamment s’ils doivent quand même voyager sur le réseau et voir leurs voyages impactés.

Ils citent d’autres pays plus chauds d’Afrique et d’Asie, où les températures sont considérablement plus chaudes qu’en France mais où les trains sont moins impactés par la météo.

La première chose à souligner est que ce n’est pas seulement le réseau ferroviaire français qui est impacté pendant ces périodes de chaleur intense, de nombreux autres pays européens sont également touchés.

Le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie et plusieurs autres pays annulent tous leurs services en cas de canicule intense.

Le fait est que les infrastructures ferroviaires de ces pays ne sont pas équipées pour faire face à une chaleur intense, car cela n’a jamais posé de problème.

En comparaison, les chemins de fer des pays constamment plus chauds que l’Europe utilisent des matériaux spéciaux pour permettre aux trains de circuler par temps chaud, sacrifiant ainsi la capacité des trains à circuler dans des conditions plus fraîches.

Les réseaux européens sont eux-mêmes adaptés pour fonctionner dans des conditions hivernales plus froides qui paralyseraient les services dans les pays plus chauds.

Dans beaucoup de ces pays chauds, les services ferroviaires à grande vitesse du niveau existant en Europe – des dizaines de lignes roulant à 320 km/h – ne sont pas en place, car les trains ne peuvent pas rouler aussi vite dans la chaleur, même avec des modifications pour faire face aux températures élevées.

Les lignes ferroviaires ne sont souvent pas non plus électrifiées, ce qui réduit l’impact de l’affaissement des câbles mais rend les trains plus lents et polluants.

Les opérateurs ferroviaires doivent en fin de compte faire un compromis entre la prise en compte des extrêmes climatiques – l’Europe préparant traditionnellement ses réseaux à des températures plus fraîches – et la capacité d’exploiter des services à grande vitesse tout en respectant les contraintes budgétaires.

Alors que les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses en Europe, les infrastructures ferroviaires devront peut-être être adaptées aux températures plus chaudes.

Cela ne se fera pas sans des travaux intensifs sur plusieurs années, impactant les axes les plus fréquentés de France et coûtant des milliards d’euros – des mesures peut-être trop difficiles à avaler pour les autorités.

Les solutions à court terme incluent la peinture des rails en blanc, ce qui peut réduire la température jusqu’à 10 °C. Le Royaume-Uni et l’Italie ont déjà mis en place ces mesures.

Réaliser cette opération sur l’ensemble du réseau français et sur les lignes les plus fréquentées sans interruption du service constituerait cependant un défi majeur.

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