Mise à jour : 59 personnes arrêtées en France à cause d’incendies de forêt, les alertes à la canicule persistent
Les autorités enquêtent sur les causes des incendies de forêt alors que les ravages dépassent déjà l’été 2025.
Au moins 59 personnes ont été arrêtées à travers la France, soupçonnées d’avoir provoqué des incendies de forêt, alors que les autorités enquêtent sur le rôle de l’activité humaine dans la grave saison des incendies en cours dans le pays.
Cela comprend deux personnes arrêtées en relation avec un incendie survenu à Fontainebleau, près de Paris, où plus de 2 000 hectares ont brûlé dans un incendie permanent.
Ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a fourni un chiffre actualisé lors d’une conférence de presse lundi 13 juillet, après que des informations ont fait état au cours du week-end de 32 personnes arrêtées.
Les informations faisant état de nouvelles arrestations mardi dans toute la France indiquent que le nombre d’arrestations a désormais dépassé les 60, mais aucun décompte officiel n’a encore été donné.
« Ces comportements inacceptables, qui génèrent des conséquences désastreuses et mobilisent nos pompiers au péril de leur vie, relèvent désormais de la responsabilité de la justice », a déclaré le 11 juillet le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. « Nous ne laisserons rien passer ».
Les cas ne concernent pas tous des soupçons d’incendie criminel. Les autorités enquêtent sur diverses circonstances, notamment des incendies accidentels et des actes délibérés.
Plus de 8 000 foyers d’incendies de forêt ont été enregistrés depuis début 2026avec plus de 32 000 hectares brûlés, selon M. Nuñez.
Cela signifie que les incendies de forêt ont déjà causé plus de dégâts cette année que pour l’ensemble de 2025.
Mardi matin (14 juillet), un important incendie continue de ravager Fontainebleau (Seine-et-Marne), avec 850 pompiers et 4 avions Canadair mobilisés.
Deux personnes ont été arrêtées en lien avec l’incendie, dont un jeune de 18 ans retrouvé près du site avec un briquet.
Environ 1 000 personnes ont été évacuées de la zone en raison de l’incendie.
Un premier incendie principal a causé une grande partie des dégâts, mais un deuxième incendie s’est également déclaré hier soir dans la zone, les deux se conjuguant pour rendre la situation difficile pour les pompiers.
Deux bulldozers de l’armée française ont été mobilisés pour contribuer à aplatir le terrain afin de faciliter la tâche des pompiers, qui espèrent aujourd’hui maîtriser les incendies.
Dans un point actualisé l’après-midi, la préfecture de Seine-et-Marne a indiqué que les incendies se poursuivaient toujours et qu’environ 2 050 hectares avaient désormais brûlé.
Ailleurs, un incendie à Saint-Bonnet-Laval (Lozère) est désormais maîtrisé après que 120 pompiers ont été déployés pour lutter contre l’incendie.
Notre article faisant un état des lieux des incendies en cours en France aujourd’hui est disponible ici.
Les conditions de canicule perdurent, jusqu’à 40°C dans le sud-ouest
Le risque d’incendie est également exacerbé par les conditions de canicule, avec 26 départements confrontés aujourd’hui à des alertes rouges.
Des températures allant de 30°C à 37°C dans le nord et jusqu’à 40°C dans le sud-ouest ont maintenu des alertes renforcées dans une grande partie du pays.
En particulier, les températures nocturnes élevées, bien supérieures à 20 °C dans presque tout le pays et 24 °C dans les villes urbanisées, contribuent aux avertissements, car les personnes et les bâtiments ne peuvent pas se rafraîchir la nuit.
Les conditions dans l’ouest devraient s’atténuer légèrement au cours des prochains jours, avec des températures supérieures à 40 °C qui ne sont plus prévues.
Actuellement, Météo France devrait lever tous les avertissements de niveau rouge demain matin, signalant que la période la plus extrême de la canicule est terminée.
Cependant, l’épicentre de la canicule se déplacera vers le sud et l’est, impactant la Méditerranée et la vallée du Rhône, où les alertes autrefois jaunes commenceront à passer aux alertes orange.
Neuf incendies sur 10 liés à l’activité humaine
Le président Emmanuel Macron a déclaré neuf incendies de forêt sur dix ont été causés par l’activité humaineque ce soit par négligence ou par action délibérée.
9 départs de feu sur 10 sont dus à une activité humaine. Une seconde d’inattention peut menacer des familles, mettre en danger celles qui nous protègent et détruire nos paysages. Chacun a une responsabilité. Soyons vigilants.
À nos soldats du feu, gratitude et soutien. pic.twitter.com/WnW59NP8xZ
– Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 11 juillet 2026
« Une seconde d’insouciance peut menacer des familles, mettre en danger ceux qui nous protègent et détruire nos paysages », a-t-il déclaré sur X.
Environ un tiers des personnes détenues sont des mineurs, selon le média BFM.
Cependant, les enquêteurs examinent un large éventail de cas, certains incendies étant soupçonnés d’être accidentels, notamment ceux liés à des barbecues ou à du matériel agricole, tandis que d’autres impliquent des soupçons d’actes délibérés ou de conflits personnels.
Dans l’Hérault, un homme de 27 ans ayant déjà été condamné a été interpellé après un incendie près de Lunas. Les procureurs ont déclaré qu’il avait admis plus tard avoir accidentellement déclenché l’incendie en brûlant une lettre personnelle.
Trois des personnes arrêtées ont été placées en détention provisoire, et certains suspects auraient déjà eu des liens avec des incendies.
Les autorités appellent à la prudence pendant la période à haut risque
Les pompiers ont averti à plusieurs reprises que les activités quotidiennes peuvent déclencher des incendies dévastateurs pendant les périodes de chaleur et de sécheresse.
Il est conseillé de ne pas utiliser de barbecue à proximité de végétation, de jeter les mégots de cigarettes en toute sécurité et d’éviter les travaux susceptibles de créer des étincelles à proximité d’herbes sèches ou de bois.
Alors que la France enregistre cette année des niveaux inhabituellement élevés d’incendies de forêt, les autorités affirment que la prévention des incendies d’origine humaine reste l’un des moyens les plus efficaces de réduire la pression sur les services d’urgence.
