Les pêcheurs français s’unissent contre le crabe bleu américain, une espèce envahissante

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Beaucoup vivent dans les lagons d’Occitanie, ce qui fait des ravages dans l’activité de pêche locale.

Les crabes bleus américains sont désormais répandus dans toute la Méditerranée

Un groupe de pêcheurs du sud de la France s’est regroupé pour limiter la propagation du crabe bleu d’Amérique dans les eaux d’Occitanie.

Le crabe, officiellement classée espèce envahissante en Franceest devenue présente dans un certain nombre de lagons et de voies navigables à travers le pays.

Repéré pour la première fois en Méditerranée dans l’Adriatique vers les années 1940, et probablement traversant l’Atlantique dans les eaux de ballast des navires, le crustacé s’est lentement répandu à travers la Méditerranée et peut être trouvé partout, de la vallée du Pô en Italie à l’Èbre en Espagne.

En France, on les trouve sur différents rivages côtiers et lagons d’Occitanie, notamment autour des Pyrénées-Orientales et de l’Aude.

Les effectifs ont explosé au cours des cinq à dix dernières années, l’espèce étant devenue dominante dans de nombreuses eaux.

Il est connu pour son appétit vorace, ainsi que pour sa capacité à parcourir jusqu’à 15 kilomètres par jour, ce qui le rend difficile à suivre ou à garder confiné à une seule zone.

L’arrivée du crabe n’a pas seulement affecté l’industrie de la pêche en rongeant les prises quotidiennes (en utilisant souvent de puissantes pinces pour couper les filets pour se régaler d’anguilles et de poissons) et en dévastant les fermes d’huîtres et de moules, mais également via un impact à long terme sur l’écosystème.

Les crabes mangent de tout, des autres crustacés aux algues, et leur seul prédateur naturel en Méditerranée est le poulpe, que l’on trouve rarement dans les lagons intérieurs.

Les femelles pondent jusqu’à huit millions d’œufs

Les pêcheurs de la région Occitanie prennent désormais les choses en main.

Les « Sentinelles du crabe bleu » (Sentinelles du Crabe bleu) dans toute la région cherche à travailler avec les pêcheurs pour réduire les effectifs.

Ils recherchent activement les crabes bleus femelles pour les tuer et ainsi les empêcher de se reproduire. Chaque femelle peut pondre jusqu’à deux millions d’œufs, et ce quatre fois pendant la saison des amours.

Les pêcheurs déclareront également leurs captures de crabe bleu aux autorités pour suivre leur nombre et garantir que la propagation de l’animal soit limitée.

Plus il y a de crabes, plus ils sont dangereux, les plus petits niveaux d’animaux étant considérés comme plus gérables.

Les scientifiques restent perplexes face à l’explosion soudaine du nombre de crabes bleus, mais pointent du doigt le changement climatique comme explication possible.

Une autre explication, qui pourrait également expliquer pourquoi les crabes restent à l’écart de certaines lagons alors qu’ils pourraient autrement les atteindre facilement, est la salinité de l’eau.

Les animaux semblent prospérer dans les zones où l’eau est moins salée, les lagons et les vallées fluviales voyant les niveaux de sel varier considérablement au cours de l’année.

Si de nombreuses régions où les crabes sont présents, y compris l’Occitanie, peuvent souffrir de sécheresses qui réduisent les niveaux d’eau et les rendent plus salines, elles sont également exposées au risque de pluies intenses et d’intrusion d’eau douce due aux inondations.

Du crabe au menu ?

Les régions du pourtour méditerranéen ont essayé plusieurs méthodes pour faire face à l’invasion, notamment des campagnes d’abattage et l’introduction de prédateurs, sans succès jusqu’à présent.

La prochaine stratégie sur la liste consiste à capturer directement les crabes et à les transformer en une ressource rentable – de plus en plus importante pour l’industrie de la pêche, car les crabes limitent l’approvisionnement en autres denrées alimentaires.

En Italie, la pêche au crabe bleu autour du delta du Pô est sur le point de se transformer en une industrie de chiffre d’affaires de 20 millions d’euros, à mesure que les pêcheurs obtiennent le feu vert pour se lancer dans des campagnes de pêche intensives.

La nature abondante du crabe bleu, le fait qu’il soit sans danger pour sa consommation et son prétendu bon goût sont autant de facteurs de réussite.

La difficulté réside cependant dans la recherche d’un repreneur. Contrairement aux États-Unis, où les crabes bleus sont couramment trouvés au menu des restaurants, avec des variétés comme le crabe bleu de Chesapeake particulièrement demandées, les palettes européennes n’ont pas encore adopté cette nourriture.

Les pêcheurs italiens vendent actuellement le crabe à 1,30 € le kilo à des acheteurs en gros au Sri Lanka, qui utilisent la chair dans diverses marchandises exportées vers l’Asie, où l’on préfère ce crustacé.

Ce prix représente environ un dixième de celui des palourdes – l’une des espèces indigènes au menu de ces crustacés voraces – et entraîne en soi un coût écologique important.

En France, le crabe se vend autour de 2 euros le kilo, et les pêcheurs estiment que cela ne vaut guère la peine de sortir pour capturer les animaux – sauf qu’ils sont partout dans l’eau et difficiles à rater.

Les habitants et les restaurants en France et en Italie sont encouragés à utiliser le crabe, mais restent prudents et préfèrent s’en tenir aux aliments classiques comme les moules ou les huîtres, cultivés depuis des siècles.

Même là où le crabe est utilisé, les gens préfèrent les espèces européennes indigènes, comme le crabe brun ou le crabe araignée.

Un effort coordonné est donc nécessaire pour lutter contre la prolifération.

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