Les habitants des Hauts-de-France se ruent dans les magasins belges pour acheter du carburant et du tabac moins chers
Près de la moitié des ménages des Hauts-de-France ont fait leurs achats en Belgique en 2024
Selon les derniers chiffres de l’Insee, les ménages du nord de la France continuent de faire régulièrement leurs courses de l’autre côté de la frontière belge, car les différences de prix des biens de consommation courante restent un facteur clé dans le comportement des consommateurs.
Près d’un ménage sur deux dans la région Hauts-de-France a effectué au moins un achat en Belgique au cours de l’année, montre la dernière analyse de l’Insee, publiée en 2025 et basée sur des données de 2024. L’étude souligne que les achats transfrontaliers restent une habitude bien ancrée dans les zones frontalières, aux côtés des voyages au Luxembourg et en Allemagne, les consommateurs étant principalement attirés par le carburant, le tabac, l’alcool et les produits ménagers.
En 2024, 48% des ménages de la région ont utilisé au moins une fois leur carte bancaire en Belgique pour un achat en personne, dépensant en moyenne 840 € par ménage. Cela représente 3,1% des dépenses physiques totales et 58,5% des dépenses à l’étranger. L’activité est particulièrement concentrée dans le département du Nord, où environ 70 % des ménages réalisent l’essentiel des dépenses transfrontalières.
Le carburant et le tabac restent les principaux moteurs de ces achats. Les données de l’INSEE montrent qu’en Belgique 26% des dépenses sont effectuées dans les stations-service, contre 9% en France, tandis que 12% sont dépensées dans les bureaux de tabac, contre seulement 1% au niveau national. Ces produits ont toujours été moins chers en Belgique, même si les récentes augmentations de taxes ont commencé à réduire l’écart de prix. Une augmentation de 25 % des taxes belges sur le tabac introduite en janvier 2024 a contribué à une baisse de 5,3 % des dépenses transfrontalières par rapport à l’année précédente, selon l’INSEE.
Les voyages du week-end sont également un élément déterminant de cette tendance, avec 37 % des dépenses effectuées le samedi ou le dimanche, ce qui suggère que de nombreux ménages combinent courses et loisirs.
L’Insee souligne que les différences de prix restent le facteur central de ce comportement. Pour Roselys Rakotomandimby, attachée de presse et chargée de communication externe à l’INSEE Hauts-de-France, l’étude « met en évidence le rôle des différences de prix entre les deux côtés de la frontière, notamment pour le carburant et le tabac ».
Elle a ajouté que comparer les prix de détail de chaque côté de la frontière reste le moyen le plus efficace de comprendre les incitations à l’achat transfrontalier.
Les analystes notent que si cette tendance se limite largement aux ménages vivant à proximité de la Belgique, elle continue d’avoir un impact sur les commerçants du nord de la France.
