Les autorités du sud-ouest de la France cherchent à améliorer la sécurité des plages suite aux récentes noyades

Le syndicat des sauveteurs de la police appelle à des changements après quatre noyades en une semaine

Les sauveteurs de l’État ne sont déployés sur les plages françaises qu’en été, ne laissant que les gardes municipaux et les services d’urgence locaux présents pour protéger les baigneurs.

Les autorités du sud-ouest de la France renforcent leurs mesures de sécurité suite à une vague de noyades dans l’océan Atlantique ces derniers jours.

Les températures printanières élevées en 2026, y compris une vague de chaleur persistante qui a coïncidé avec le jour férié de la Pentecôte, ont vu le nombre de noyades printanières augmenter considérablement par rapport à la moyenne alors que d’énormes groupes de personnes se dirigent vers la côte.

Rien qu’au cours de la dernière semaine, quatre personnes sont mortes sur les plages de Gironde et des dizaines ont été secourues dans l’océan Atlantique le long du littoral.

Dimanche dernier (24 mai), deux nageurs sont morts après avoir été emporté par les courants de retour à Lacanau et Lège-Cap-Ferret (tous deux en Gironde)

Dans les jours qui ont suivi, deux autres décès ont eu lieu à Lacanau, une station balnéaire située à 50 km à l’ouest de Bordeaux, mardi 26 mai, lorsque le corps d’un homme d’une trentaine d’années a été retrouvé sur la plage et mercredi 27 mai, lorsqu’un homme de 24 ans s’est noyé.

Bien que les températures tombera dans la région ce week-end, les foules devraient à nouveau descendre sur les plages, ce qui amènera les autorités à appeler à la prudence tous ceux qui entrent dans la mer.

En plus des mesures renforcées, le syndicat de la police responsable des sauveteurs employés par l’État appelle à des changements de règles qui verraient le déploiement d’unités plus tôt dans l’année.

Il soutient que les conditions climatiques changeantes, notamment les températures plus chaudes en début d’année, nécessitent de nouvelles réglementations pour protéger les amateurs de plage, et que les calendriers traditionnels sont dépassés.

Des marées responsables de morts

Les décès en mer dans le sud-ouest sont généralement causée par les marées inversesun changement soudain et puissant des courants qui peut surprendre même les nageurs expérimentés.

Malgré leur nature meurtrière, les marées inverses sont relativement fréquentes et des dizaines de personnes peuvent y être entraînées en une seule journée. Comme ils apparaissent en différents points d’une même plage, il n’est pas possible de restreindre définitivement l’accès aux zones de « contre-courant ».

Le taux d’incidents élevé sur les plages du sud-ouest signifie cependant que les sauveteurs municipaux ont du mal à suivre.

À Lacanau, trois des quatre postes de secours municipaux ont été ouverts tout au long du week-end de Pentecôte pour assurer une couverture renforcée au début de la canicule alors que la foule descendait sur le littoral.

Les sauveteurs ont sauvé des dizaines de personnes prises par les contre-courants au cours des trois jours, mais ils n’ont pas pu empêcher des décès.

Ressources accrues

Les autorités locales affirment qu’elles n’ont pas les ressources nécessaires pour faire face à une telle foule si tôt dans l’année.

Les plages populaires en France sont renforcées par des sauveteurs employés par l’État en été.

Des membres des forces de sauvetage CRS (police anti-émeute) sont déployés, assurant un double rôle de sécurité publique sur la plage et de surveillance supplémentaire dans l’eau.

Comme ils possèdent des pouvoirs de police (y compris la capacité d’arrêter les membres perturbateurs du public), ils peuvent également faire preuve de plus d’autorité en restreignant l’accès à certaines zones de la plage dans des conditions dangereuses.

Cependant, ils ne sont programmés pour travailler que pendant les mois d’été, essentiellement pendant la période des vacances scolaires en France.

En Gironde par exemple, les 38 sauveteurs CRS qui seront déployés dans le département ne devraient commencer à travailler que le 1er juillet prochain.

Au niveau national, 264 sauveteurs devraient être déployés simultanément.

Une réunion entre plusieurs autorités locales couvrant les plages de la Gironde s’est tenue mercredi 27 mai.

Elle visait à permettre « l’identification de plusieurs pistes d’action pour renforcer les mesures de prévention, de surveillance et de secours dès les prochains week-ends », indique la préfecture de la Gironde dans un communiqué.

« Même si la sécurité des plages relève de la compétence des maires, l’État reste pleinement engagé aux côtés des autorités locales », a indiqué la préfecture, qui s’est engagée à mobiliser des moyens supplémentaires pour réduire les risques de décès en mer.

Les mesures à prendre comprennent :

  • Pré-positionnement d’un hélicoptère de sauvetage départemental de la Gironde à Lacanau avant le week-end

  • Des forces de sécurité supplémentaires (police, etc.) sont positionnées dans les stations côtières

  • Renforcer les postes du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) dans les zones côtières avec des moyens supplémentaires, notamment pour les missions de secours nautiques

Les autorités locales sont également invitées à intensifier leurs messages sur les risques de contre-courant et de noyade.

Il est à noter qu’en France, «« noyade » ne signifie pas nécessairement un décès mais un accident dans l’eau (soit en mer, en piscine, etc) qui nécessite de secourir/sauver quelqu’un.

Toutefois, à l’été 2025, 409 décès par noyade ont été enregistrés, soit une augmentation de 16 % par rapport à l’année précédente.

Des sauveteurs augmentés ?

Au niveau national, le syndicat CRS-UNSA qui représente les sauveteurs de l’État propose que les sauveteurs de l’État soient déployés plus tôt dans l’année.

« Nous avançons cette réflexion… L’envoi de renforts dès le mois d’avril, lorsque les conditions de mer seront bonnes et les températures favorables à la baignade, pourrait permettre d’éviter les drames survenus le week-end dernier », a déclaré Cyril Lambert, délégué national du syndicat CRS-UNSA au média 20 Minutes.

M. Lambert estime que deux sauveteurs CRS (un surveillant et un assistant) devraient être déployés par commune.

Outre leurs pouvoirs accrus, les sauveteurs CRS bénéficient d’une formation toute l’année et interviennent souvent sur les mêmes plages pendant plusieurs saisons, apportant ainsi une expertise supplémentaire des conditions locales.

Les autorités nationales doivent encore confirmer si le calendrier de déploiement des sauveteurs CRS sera modifié, mais si tel est le cas, cela pourrait conduire à une protection accrue.

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