Le scarabée japonais destructeur gagne du terrain en France
Les observations de Popillia japonica doivent être signalées. Il a été aperçu récemment dans le Bas-Rhin, les Alpes-Maritimes et la Bourgogne-Franche-Comté.
Les autorités françaises ont intensifié leur surveillance après de nouvelles détections d’un scarabée japonais invasif dans différentes régions du pays, les chercheurs avertissant que l’établissement du ravageur pourrait à terme être impossible à empêcher.
L’insecte Popillia japonica a été trouvé cet été dans le Bas-Rhin, les Alpes-Maritimes et la Bourgogne-Franche-Comté. Il a été détecté pour la première fois en France en 2025.
Bien qu’aucune population reproductrice n’ait encore été confirmée, les découvertes répétées ont entraîné une expansion des programmes de piégeage et de surveillance dans les régions considérées comme les plus à risque.
Menace sérieuse pour la végétation
Le scarabée japonais est inscrit sur la liste des organismes de quarantaine prioritaires de l’Union européenne en raison des dommages qu’il peut causer à l’agriculture, à l’horticulture et à l’environnement.
Les coléoptères adultes se nourrissent des feuilles, des fleurs et des fruits de plus de 300 espèces de plantes, dont la vigne, le pommier, le maïs, le soja et les roses. Leurs larves se développent sous terre, se nourrissent de racines et endommagent les pelouses, les terrains de sport et les pâturages.
Les chercheurs affirment que le plus grand impact économique pourrait se produire sur les vignobles et les vergers.
Une étude réalisée en 2022 par l’Université technique de Munich estime que, sans mesures de contrôle, ce ravageur pourrait coûter à l’Europe entre 30 et 7,8 milliards d’euros par an, selon l’ampleur de l’invasion.
La France a été identifiée comme le pays confronté aux pertes potentielles les plus élevées, notamment pour son secteur vitivinicole.
Le coléoptère mesure environ 1 cm de long, avec un thorax vert métallique, des ailes brun cuivré et des touffes de poils blancs distinctifs de chaque côté de son abdomen.
« Sa création est inévitable »
Originaire d’Asie de l’Est, le coléoptère s’est établi dans le nord de l’Italie en 2014 et en Suisse en 2017. Les scientifiques affirment que sa propagation en France était attendue depuis longtemps.
« Sa création est inévitable. Nous ne l’arrêterons pas », a déclaré au Monde Jean-Claude Streito, chercheur à l’Institut de recherche agronomique Inrae.
D’autres spécialistes sont plus prudents et soulignent que la détection d’insectes individuels ne signifie pas nécessairement l’établissement de populations permanentes.
Les chercheurs rejettent également les suggestions selon lesquelles le changement climatique serait responsable de son apparition, affirmant que le commerce international et les transports en sont les principaux moteurs.
Le coléoptère est connu sous le nom d’« auto-stoppeur » car il peut parcourir de longues distances caché dans les véhicules, les bagages et le fret.
Des centaines de pièges déployés
La France dispose d’un plan national d’intervention d’urgence depuis plusieurs années et a étendu la surveillance cet été.
Environ 180 pièges ont été déployés dans la région Grand Est, dont 130 en Alsace. La Provence-Alpes-Côte d’Azur compte désormais 177 pièges après l’installation de dispositifs supplémentaires suite aux récentes détections près de Cannes et Mougins, tandis que la Bourgogne-Franche-Comté en compte environ 120.
Les pièges sont concentrés à proximité des autoroutes, des lignes ferroviaires, des aéroports, des campings, des centres logistiques et autres lieux à haut risque.
Toute personne croyant avoir découvert un scarabée japonais est priée de le signaler à la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) de sa région, chargée de gérer le problème sous l’autorité du ministère de l’Agriculture.
Dans les régions avec surveillance active, la présence de coléoptères peut être signalée via un portail web :
Dans les autres régions, les personnes qui découvrent un scarabée japonais doivent en informer la DRAAF régionale par courrier électronique.
La publication ci-dessous sur les réseaux sociaux de FREDON montre à quoi ressemble un piège à coléoptères typique. FREDON est un réseau national d’organisations à but non lucratif dédié à la santé des plantes et à la protection de la biodiversité.
Augmentation des espèces envahissantes
Le scarabée japonais est le dernier d’une liste croissante d’espèces envahissantes préoccupantes en France.
Les autorités luttent déjà contre les ravageurs, notamment les frelons asiatiques, fourmis électriques et moustiques tigrestandis que les agences de biodiversité surveillent des espèces telles que tortues serpentines communes et des plantes envahissantes, notamment du chou puant blanc.
Plus tôt cette année, la France a également demandé Une coordination européenne plus étroite dans la lutte contre les espèces envahissantesarguant qu’une action transfrontalière plus rapide offre la meilleure chance d’empêcher les espèces nouvellement arrivées de s’établir de manière permanente.
