La France va suspendre le remboursement intégral des médicaments à faible bénéfice pour les patients atteints de maladies de longue durée

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Environ 171 médicaments devraient être disponibles, dont le Valium et le Gaviscon.

Les pharmaciens peuvent confirmer le statut de remboursement d’un médicament directement dans leur système

A compter du 1er octobre, les patients en statut maladie de longue durée (ALD) en France ne bénéficieront plus du remboursement intégral de certains médicaments courants, même lorsqu’ils sont prescrits dans le cadre de leur traitement ALD.

Selon les règles normales, le système ALD français (affection de longue durée) exempte les patients du ticket modérateur standard (modérateur de billets) sur les médicaments liés à leur pathologie, ce qui signifie qu’ils sont remboursés à 100 % au lieu du tarif habituel.

Un décret publié au Journal Officiel modifie désormais cette situation pour les médicaments classés à « faible service médical » (service médical rendu faibleou SMR faible).

Quels médicaments sont concernés ?

Le changement s’applique à environ 171 médicaments qui bénéficient déjà d’un taux de remboursement standard réduit de 15 % pour la population générale. Auparavant, le statut ALD portait ce taux à 100 %. A partir d’octobre, ce ne sera plus le cas : ces médicaments seront remboursés au tarif ordinaire de 15% pour tous, y compris les patients ALD.

La liste comprend des produits courants en vente libre et sur ordonnance tels que Gaviscon (pour le reflux acide), Spasfon et Météospasmyl (pour les spasmes digestifs et les ballonnements), Dexeryl (pour la peau sèche), Tanakan (pour les troubles cognitifs et d’équilibre), l’antiseptique Bétadine, la crème Zovirax/aciclovir pour les boutons de fièvre et le Valium.

Aucun document officiel ne semble répertorier les 171 produits en un seul endroit. Les patients souhaitant vérifier si un médicament spécifique est concerné peuvent le rechercher directement sur Base de données officielle des médicaments en France.

L’entrée de chaque médicament indique sa note SMR et son taux de remboursement standard : une note «faible» ou «insuffisant» devrait permettre d’identifier les médicaments concernés par ce changement. Les pharmaciens peuvent également confirmer le statut d’un médicament directement via leur logiciel de dispensation.

La reconnaissance ALD elle-même n’est pas affectée

La réforme ne touche pas les médicaments à bénéfice médical « important » ou « modéré ». Les traitements de base des maladies chroniques : l’insuline, les médicaments contre l’hypertension, les traitements de la thyroïde et les médicaments contre le cancer, entre autres, restent entièrement remboursés à 100 % sous le statut ALD, tout comme les appareils médicaux essentiels tels que les glucomètres et les pompes à insuline.

En d’autres termes, les patients ne verront pas de changement dans leur traitement principal, mais uniquement dans les médicaments annexes souvent prescrits en parallèle.

Les pharmaciens sont informés en amont du changement, puisque celui-ci apparaîtra directement sur les factures.

Patients sans complémentaire santé (mutuelle) qui couvre le déficit ressentira le plus le changement. Contrairement au franchise médicale (frais forfaitaires qui mutuelles sont exclus de la prise en charge), le nouveau ticket modérateur de 85 % sur ces médicaments peut être remboursé par un mutuelle, en fonction du contrat.

Qu’est-ce qui se cache derrière le changement

Cette décision fait suite à une recommandation du rapport annuel sur les dépenses de la caisse d’assurance maladie Cnam. Le directeur de la Cnam, Thomas Fatôme, a déclaré en février devant une commission parlementaire qu’un médicament jugé d’efficacité limitée ne justifiait pas un remboursement intégral, avertissant que si rien ne changeait, les soins liés à l’ALD pourraient représenter les trois quarts du budget de l’assurance maladie d’ici 2035.

En France, quelque 12 millions de personnes sont actuellement titulaires du statut ALD et, selon les données du ministère de la Santé, leur coût annuel moyen de soins de santé s’élève déjà à environ 1 055 €, soit environ le double de celui des patients non ALD.

L’association de défense des patients France Assos Santé a critiqué cette mesure, arguant que certains médicaments à faible SMR sont essentiels pour gérer des maladies graves ou invalidantes et leurs effets secondaires, et que pour les patients jonglant avec plusieurs traitements, « chaque euro compte ».

Le groupe prévient que le changement risque de pousser les gens à renoncer aux traitements et d’aggraver les inégalités en matière de santé.

Un deuxième changement le même jour

Ce changement s’accompagne d’une autre mesure d’économie qui entre en vigueur à la même date : le plafond annuel franchise médicale (petit forfait appliqué aux médicaments, aux actes paramédicaux et au transport sanitaire) passe de 100 € à 140 € par personne.

Contrairement au changement de quote-part ci-dessus, ce franchise médicale l’augmentation ne peut être compensée par un mutuellece qui représente un véritable surcoût pour chaque patient.

Combinés, ces deux changements signifient que de nombreux patients atteints de maladies de longue durée verront des dépenses sensiblement plus élevées à partir d’octobre, même si leur traitement de base reste entièrement couvert.

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