La France prévoit 10 nouveaux parcs éoliens offshore

La décision finale sera annoncée avant fin 2027

Si tous les projets se concrétisent, la capacité éolienne offshore de la France atteindrait 15 GW d’ici 2035 (image : turbine de Provence Grand Large)

Des appels d’offres pour 10 nouveaux parcs éoliens offshore ont été lancés par le gouvernement français, les offres gagnantes devant être annoncées avant l’élection présidentielle de 2027.

Si tous les projets se réalisent, la capacité éolienne offshore de la France atteindrait 15 GW d’ici 2035, soit à peu près l’équivalent de la capacité de production de six centrales nucléaires.

Il est toutefois peu probable que les prix de l’électricité baissent en conséquence. En effet, les investissements dans les parcs éoliens seront énormes et les rendements fixés par le gouvernement sont liés à ceux attendus pour le nucléaire.

Les projets dépendent également de l’augmentation de la demande d’électricité – elle est actuellement inférieure à ce qu’elle était avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.

La France a les prix de l’électricité les plus bas d’Europe ; Les chiffres de 2026 de la World Population Review, en dollars américains, situent la France à une moyenne de 0,28 $/kWh, seuls le Portugal, l’Espagne et la Grèce payant moins. En revanche, le Royaume-Uni et l’Allemagne paient tous deux 0,40 $/kWh.

Il existe déjà deux parcs éoliens offshore en France, qui produisent 2 GW. De plus, l’approbation a été accordée pour un autre bloc, qui devrait produire 5,6 GW.

Si tous les projets se concrétisent, la capacité éolienne offshore de la France atteindrait 15 GW d’ici 2035, soit à peu près l’équivalent de la capacité de production de six centrales nucléaires.

Des échanges en colère

Les énergies renouvelables ont provoqué des semaines d’échanges houleux au Parlement à l’approche du budget, les partis d’extrême gauche comme d’extrême droite étant fermement opposés à la plupart des propositions du gouvernement.

Les grandes lignes de la politique, telle qu’elle est actuellement mise en œuvre, visent à ce que l’approvisionnement en électricité de base du pays reste à partir de l’énergie nucléaire.

Cela comprendra la construction de six nouvelles centrales nucléaires EPR2 – bien que le financement n’ait pas encore été confirmé.

Par un après-midi nuageux de la mi-mai, l’énergie nucléaire représentait 63 % de la production d’électricité, l’énergie solaire 21 %, l’énergie hydroélectrique 9 %, l’énergie éolienne 5 % et le reste provenait de gaz et de combustibles biosourcés.

Les efforts antérieurs du gouvernement pour encourager l’adoption de panneaux solaires domestiques ont été réduits. Le prix garanti pour revendre l’électricité produite à partir de ces centrales est tombé à 0,04 €/kWh, soit quatre fois moins que le prix payé pour l’électricité du réseau.

Cela fait partie des plans du gouvernement visant à recentrer le secteur des panneaux solaires sur « l’autoconsommation », ainsi qu’à réduire les dépenses.

Sécuriser les investissements

Afin d’attirer les investissements nécessaires aux nouveaux parcs éoliens, l’État promettra un prix plafond de l’électricité inférieur à 100 €/MWh, ce chiffre étant basé sur les 100 €/MWh garantis pour les futurs réacteurs nucléaires.

Les prix plafonds sont conçus pour protéger les promoteurs et les investisseurs des bas prix afin qu’ils puissent être sûrs d’un rendement à long terme.

Un plafond de 100 €/MWh a été retenu l’an dernier lors d’un appel d’offres pour la construction d’un parc éolien de 1 200 MW au large de l’île d’Oléron (Charente-Maritime). Cependant, le projet n’a reçu aucune offre, les investisseurs l’ayant jugé trop faible.

Ils ont également été dissuadés par l’opposition suscitée par le projet. En plus d’être critiqué pour avoir gâché la vue, on craignait que cela n’endommage les fonds marins qui sont essentiels à l’ostréiculture de la région, et que l’ingénierie ne prenait pas en compte les régimes de marées locaux complexes.

Sur les 10 projets de parcs éoliens présentés, quatre placeront des turbines en eaux peu profondes avec des fondations sur les fonds marins, dont celui d’Oléron. Les autres seront équipés de turbines flottantes, ancrées en place.

Les appels d’offres privilégieront les entreprises qui promettent d’acheter leurs turbines aux usines françaises de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Cherbourg (Manche) et Le Havre (Seine-Maritime).

Ce faisant, le gouvernement est optimiste quant à sa capacité à faire passer le nombre d’emplois dans le secteur des éoliennes offshore de 8 000 en 2024 à 30 000 d’ici 2035.

Les projets de construction d’une nouvelle usine destinée à fabriquer des câbles robustes pour les éoliennes offshore seront également mis en œuvre si les appels d’offres sont retenus, et le gouvernement a promis 260 millions d’euros pour améliorer les infrastructures portuaires afin que les éoliennes puissent être entretenues.

Les planificateurs se disent convaincus que la demande d’électricité augmentera à mesure que de plus en plus de personnes se tourneront vers les pompes à chaleur domestiques et les voitures électriques.

Défis

Les défis liés au lancement de projets d’énergies renouvelables ont été illustrés récemment lorsque les opposants à une centrale solaire en Côte-d’Or se sont adressés au tribunal administratif pour exiger la révocation du permis de construire.

Couvrant 57 hectares avec 67 000 panneaux solaires dans le village de Petit-Jailly, les habitants se sont plaints que cela affecterait leur vue, disant qu’ils craignaient de voir une « mer noire ».

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