La France adopte un projet de loi antifraude avec plus de 100 nouvelles mesures : points clés
La répression se concentre sur la fraude à la protection sociale. Les fonctionnaires auront un meilleur accès aux relevés bancaires et aux informations de connexion aux soins de santé
Un vaste projet de loi « anti-fraude » verra plusieurs nouvelles mesures introduites en France après avoir reçu le soutien des sénateurs.
Le projet de loi a été adopté par les députés au début du mois après avoir été initialement présenté en octobre 2025. Comprenant à l’origine 27 articles, des dizaines d’autres ont été ajoutés par les députés et les sénateurs au cours des débats, portant le total final à plus de 100.
Son passage relativement fluide à la Chambre haute donnera un coup de pouce décisif au Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a déclaré qu’il s’agissait du « premier grand projet de loi antifraude depuis 15 ans » en France.
Axé en grande partie sur la sécurité sociale et la fraude fiscale, le projet de loi devrait rapporter 1,5 milliard d’euros par an dans les caisses de l’État, même si le Haut Conseil des finances publiques a déclaré que cela était peu probable pour 2026 et ne devrait être pris en compte qu’à partir de 2027.
Malgré son adoption, le projet de loi a été critiqué par les députés et sénateurs de gauche, en raison des changements introduits au cours des débats.
Beaucoup d’entre elles ciblent la fraude à la protection sociale, les politiciens de gauche affirmant que cela a déséquilibré le projet de loi et qu’ils se sont trop concentrés sur ce sujet sans en faire assez pour lutter contre la fraude fiscale plus large, en particulier contre les entreprises.
A noter que les mesures ne seront introduites qu’une fois la loi promulguée, et aucune date n’est actuellement fixée pour cela.
Selon certaines informations, des groupes de gauche pourraient faire appel au Conseil constitutionnel français (Conseil constitutionnel) pour évaluer la loi avant sa mise en œuvre.
Le conseil peut censurer certains éléments de la loi qu’il juge inconstitutionnels ou trop éloignés de l’objectif initial du projet de loi.
Ci-dessous, nous passons en revue les points clés inclus dans la version finale approuvée par les sénateurs et les députés.
Accès aux relevés bancaires et aux informations de connexion aux soins de santé
Les fonctionnaires auront un meilleur accès aux informations pour vérifier les divergences dans d’éventuels cas de fraude.
Cela peut inclure l’accès aux relevés bancaires, notamment pour lutter contre la prestation complémentaire pour faible revenu revenu de solidarité active (RSA).
L’Assurance maladie de l’État pourra également utiliser des connexions informatiques (connexion informatique) d’utilisateurs se connectant à ses bases de données pour vérifier d’éventuelles fraudes.
La portée exacte de cette mesure n’est pas définie dans le projet de loi – elle sera définie dans des réglementations ultérieures – mais devrait inclure la possibilité pour les autorités de suivre l’adresse IP (y compris l’emplacement physique) des personnes se connectant à un compte, ainsi que les heures de connexion et les informations sur les appareils connectés au compte d’un individu.
Cela aidera les autorités à identifier plusieurs personnes accédant au compte Assurance Maladie d’une personne, ainsi que les activités frauduleuses depuis l’étranger, etc.
Des sanctions plus élevées pour le travail non déclaré
Les entreprises qui emploient des personnes « au noir » s’exposent à des sanctions plus sévères dans le cadre de la nouvelle procédure de « flagrant délit social ».
Cela permet, à titre conservatoire, de saisir les biens de l’entreprise des personnes qui emploient illégalement des personnes après un délai d’avertissement de 48 heures.
Plus d’informations sur les sanctions en cas d’emploi illégal de travailleurs, tant pour les entreprises que pour les particuliers via l’aide à domicile, peuvent être trouvées dans notre article. ici.
Modifications des congés de maladie
D’autres modifications ont été apportées aux congés de maladie.
Les arrêts maladie de courte durée de trois jours ou moins ne peuvent être renouvelés qu’une seule fois par rendez-vous en ligne (téléconsultation). Les futurs billets de maladie à court terme doivent être obtenus après un rendez-vous en personne.
Il y aura des exceptions limitées à cette règle, y compris les notes de maladie prescrites par le médecin traitant d’une personne.
De plus, la personne en arrêt de maladie doit informer l’Assurance Maladie d’un changement d’adresse, ce qui n’était pas obligatoire auparavant.
Cela survient après que des modifications ont été apportées au système. introduit dans le cadre du budget de la sécurité sociale 2026.
Suspension des prestations pour les demandeurs frauduleux
L’agence nationale pour l’emploi France Travail pourra suspendre les allocations de chômage en cas d' »indices sérieux de manœuvres frauduleuses, (ou) de manquement délibéré aux obligations ».
Les prestations peuvent être suspendues jusqu’à trois mois, mais les ménages devront disposer des ressources minimales nécessaires pour vivre.
Les demandeurs pourront passer par une procédure d’appel s’ils souhaitent contester.
Les mesures complètes ne seront connues qu’après que le Conseil d’État français, le pouvoir consultatif juridique et judiciaire français, aura publié un décret plus détaillé sur la question.
Des sanctions plus sévères pour la fraude sociale
Les députés ont tenté d’introduire une forme de « sanctions automatiques » pour toute personne surprise en train de commettre une fraude à l’aide sociale, mais cette proposition a finalement été rejetée au motif qu’elle n’offrait pas aux individus des droits de condamnation individualisés.
Les sanctions à l’encontre des personnes reconnues coupables de fraude à l’aide sociale vont augmenter, notamment en augmentant la durée maximale de détention pour les personnes soupçonnées d’avoir commis une fraude.
Contrôles d’entraînement personnel plus stricts
Afin de lutter contre les arnaques liées au fonds de formation personnelle (compte personnel de formationCPF), plusieurs nouvelles mesures sont mises en place.
Premièrement, les formateurs qui ne possèdent pas les qualifications adéquates associées à la compétence qu’ils enseignent devront rembourser les fonds aux stagiaires.
Deuxièmement, ceux qui utilisent leur CPF pour acquérir une nouvelle compétence devront passer un examen à la fin, autorisé par un organisme d’accréditation ou officiel lié au cours, pour prouver que la formation était officielle.
Les formateurs devront à nouveau rembourser les fonds s’ils ne proposent pas d’examens officiels.
Cela survient alors que la France envisage resserrer le CPFen concentrant les fonds sur une véritable formation pour le milieu professionnel.
Réglementation pour le secteur du VTC
Des mesures plus sévères devraient être introduites pour les conducteurs qui contrôlent illégalement un véhicule répertorié sur des applications de covoiturage telles qu’Uber ou Bolt.
Environ la moitié de tous les véhicules ou conducteurs enregistrés dans ces systèmes en France sont « défectueux », ont déclaré les députés, c’est pourquoi des sanctions plus strictes en cas de fourniture de fausses informations seront introduites, impactant à la fois les conducteurs et les applications elles-mêmes.
Cela devrait résoudre des problèmes tels que le fait que plusieurs conducteurs conduisent le même véhicule et améliorer les conditions de sécurité pour ceux qui utilisent des applications de covoiturage.
Géolocalisation des véhicules de transport sanitaire
Les taxis proposant des services de transport médicalisé de patients – partiellement ou totalement pris en charge par l’Assurance Maladie – seront géolocalisés, permettant de suivre précisément les itinéraires empruntés et les kilomètres parcourus.
Cela permettra à l’Assurance Maladie de suivre « l’exécution réelle des prestations de transport sanitaire facturées » et de réduire toute tentative de surdéclaration frauduleuse des trajets par les conducteurs.
L’évolution de la facturation des transports sanitaires constitue un point de discorde majeur pour les chauffeurs de taxi français lors des manifestations de mai 2025et pourrait voir davantage de perturbations dans le secteur.
