Incendies de forêt en France : pourquoi la fumée peut être dangereuse même loin des flammes

Des millions de masques FFP2 sont distribués dans les départements concernés

La fumée sur Mortagne-sur-Gironde, Charente-Maritime

La fumée des incendies de forêt affecte la qualité de l’air dans le sud-ouest de la France, les autorités avertissant que les personnes peuvent être affectées même lorsqu’elles sont loin des flammes.

Les grands incendies incendie en Gironde et dans les Landes ont produit d’importants panaches de fumée contenant des particules fines et d’autres polluants, entraînant des alertes sur la qualité de l’air dans plusieurs départements.

En effet, le danger d’un incendie de forêt ne s’arrête pas au périmètre de l’incendie. La fumée peut parcourir de longues distances, transportée par les vents et exposer les communautés bien au-delà de la zone menacée par les incendies.

Pourquoi la fumée des incendies de forêt est nocive

La fumée des incendies de forêt est un mélange complexe de gaz et de particules libérés lorsque la végétation brûle. Selon l’Anses (Agence nationale de sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail), la principale préoccupation sanitaire concerne les particules fines appelées PM2,5.

Ces particules sont suffisamment petites pour pénétrer profondément dans les poumons et pénétrer dans la circulation sanguine. La fumée des incendies de forêt contient également de la pollution, notamment du monoxyde de carbone, des composés organiques volatils, des oxydes d’azote et d’autres substances chimiques, en fonction de ce qui brûle et des conditions de l’incendie.

L’Anses précise qu’environ 80 % des particules en suspension dans la fumée des incendies de forêt sont des particules fines, dont beaucoup mesurent moins d’un micromètre de diamètre, ce qui leur permet de rester en suspension dans l’air et de parcourir de longues distances.

L’agence a indiqué que la pollution de l’air causée par les incendies de forêt peut être entre deux et dix fois plus nocive que la pollution atmosphérique urbaine typique.

Quels sont les effets sur la santé

Une exposition à court terme à la fumée des incendies de forêt peut provoquer une irritation des yeux, du nez et de la gorge, ainsi que de la toux, une respiration sifflante, des difficultés respiratoires et un déclin temporaire de la fonction pulmonaire.

Les personnes souffrant d’asthme, de maladie pulmonaire obstructive chronique ou d’autres maladies respiratoires peuvent présenter une aggravation de leurs symptômes, et l’Anses a noté une augmentation des visites aux urgences et des hospitalisations pendant les périodes de forte fumée d’incendies de forêt.

L’exposition à la fumée peut également déclencher une irritation des yeux, une irritation de la peau et des affections telles que l’eczéma.

Enfin, des recherches ont également découvert des liens possibles entre la fumée des feux de forêt et les problèmes cardiovasculaires, notamment des risques accrus d’hypertension artérielle, de troubles du rythme cardiaque et d’autres maladies cardiaques. L’Anses note que les preuves sont cependant moins établies pour les effets cardiovasculaires que pour les problèmes respiratoires, mais restent préoccupantes.

Comment se protéger

Selon l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine, la protection la plus efficace consiste à réduire l’exposition en cas de présence de fumée.

« La principale recommandation, qui peut ne pas paraître logique à tout le monde, est de sortir le moins possible », a déclaré Cécile Tagliana, directrice générale adjointe de l’ARS, lors d’un point presse.

Elle a déclaré que les concentrations de fumée sont généralement plus élevées à l’extérieur qu’à l’intérieur et a conseillé aux résidents de réduire le temps passé à l’extérieur tant que des panaches de fumée subsistent au-dessus de la région.

Les gens peuvent également surveiller la qualité de l’air local grâce à Atmo Francebien que les autorités notent que les panaches se déplaçant rapidement ne sont pas toujours détectés par les stations de surveillance.

Par exemple, aujourd’hui (29 juin), seules Bordeaux, Pau et Bayonne ont une mauvaise qualité de l’air en raison des fines particules de fumée présentes dans l’air.

L’ARS recommande :

  • rester à l’intérieur autant que possible pendant les périodes de forte fumée

  • garder les fenêtres et les portes fermées pour empêcher l’air pollué de pénétrer dans les maisons

  • ventiler les habitations uniquement lorsque le panache de fumée s’est éloigné

  • éviter les exercices en plein air et les activités intenses, car une respiration plus rapide augmente la quantité de particules fines inhalées

  • éviter une pollution supplémentaire de l’air intérieur provenant des bougies, de l’encens ou des produits similaires

  • vérifier les voisins âgés et les proches vulnérables

Quand faut-il porter un masque FFP2 ?

Le gouvernement français a mis à disposition gratuitement 2,5 millions de masques FFP2 dans les pharmacies des départements concernés.

L’ARS précise que les masques chirurgicaux ordinaires et les masques FFP1 ne constituent pas une protection adaptée contre la fumée des incendies de forêt car ils ne filtrent pas efficacement les particules fines.

Le masque FFP2 est recommandé à ceux qui doivent sortir lorsque le niveau de fumée est élevé, en particulier ceux qui sont considérés comme vulnérables (bébés, enfants, femmes enceintes, personnes âgées, personnes dont le système immunitaire est affaibli, etc.).

Les masques peuvent être utilisés pendant environ huit heures par jour et doivent être utilisés à l’extérieur dans des conditions enfumées.

Il est déconseillé de continuer à les porter lorsque vous êtes à la maison ou pendant votre sommeil.

Toute personne présentant une aggravation des symptômes respiratoires, des maux de tête sévères, un essoufflement persistant, une fatigue extrême, des nausées ou des vomissements après une exposition aux fumées doit contacter un médecin ou appeler le 15 (SAMU) si les conditions s’aggravent.

A lire également