Grève du 2 juillet dans le plan des services publics français

Les organismes publics se disent en « danger mortel » à cause des réformes proposées

Une manifestation aura lieu devant l’Assemblée nationale

Le personnel de plusieurs services publics français organisera des débrayages la semaine prochaine dans le cadre d’une grève coordonnée soulignant le risque auquel ces services sont confrontés en raison des réformes proposées.

Des salariés d’organismes comme l’Ademe (agence de la transition écologique), l’Anses (agence de l’alimentation et de la santé) ou encore Santé publique France font partie des grévistes du jeudi 2 juillet.

Des problèmes tels que les coupes budgétaires, les ingérences, le nombre croissant de travailleurs temporaires par rapport aux fonctionnaires à temps plein et les plans de restructuration ont placé les services en « danger mortel », ont averti les membres.

Les manifestations devant l’Assemblée nationale devaient initialement avoir lieu le 23 juin mais ont été reportées au 2 juillet en raison de la canicule qui traverse actuellement la France.

Comme ces groupes ne fournissent pas de services directs, contrairement aux agents de santé des hôpitaux, les membres du public ne seront pas directement touchés par la grève, mais sont invités à soutenir les manifestations et à soutenir le travail effectué par les membres des différentes agences.

Des exemples de services offerts par les groupes comprennent :

  • Le point sur la situation sanitaire, notamment la propagation du Covid-19, de la grippe hivernale, de la dengue et du chikungunya, par Santé Publique France

  • Informations sur les problèmes de sécurité alimentaire, notamment les niveaux de cadmium et de mercure dans le thon de l’Anses

  • Astuces et conseils de l’Ademe sur la transition écologique en France, notamment sur la rénovation immobilière et les mesures d’économie d’énergie

Le gouvernement « cible les agences d’État »

« Nos agences et institutions sont toutes confrontées aux mêmes enjeux : démantèlement des statuts d’emploi, suppressions d’emplois, augmentation des contractuels, fusions à répétition, diminution des subventions et coupes budgétaires », a déclaré Lise Soulier, membre de l’information géographique et forestière nationale, aux médias français.

« Ces attaques répétées aggravent nos conditions de travail, rendent nos effectifs plus précaires et nous empêchent de remplir nos missions, notamment nos mandats de service public », a-t-elle ajouté.

Selon elle, le gouvernement « sert des intérêts privés et démantèle les services publics petit à petit en ciblant les agences d’État ».

Un exemple est le projet de fusion des actions locales de l’Ademe avec la DREAL (directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement), qui verrait probablement l’accent mis sur les éléments écologiques mis de côté.

L’Ademe a distribué environ 2,8 milliards d’euros de subventions en 2025, en grande partie dédiées à l’amélioration du bilan écologique de la France.

Le CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement), un groupe qui propose des conseils gratuits en matière de construction, verra potentiellement 60% de ses effectifs supprimés d’ici la fin de l’année.

Problèmes de santé

Les organismes de santé publique s’inquiètent également du fait que leur travail soit intégré aux autorités locales, réduisant ainsi leur rôle d’information du public plutôt que celui d’agir en tant qu’organes des services de santé.

Les organismes ont souligné les blocages des campagnes nationales de prévention au cours des derniers mois – par exemple les campagnes anti-paris à l’approche de la Coupe du monde 2026 et le soutien à la Journée mondiale sans tabac le 31 mai – et le manque de soutien au matériel d’avertissement de canicule lors de la canicule historique de mai 2026.

« Ces agences de santé ont été créées spécifiquement pour séparer clairement l’évaluation de la gestion, permettant ainsi aux politiques ou aux décideurs de prendre des décisions en toute connaissance de cause », a déclaré l’épidémiologiste de Santé Publique France Olivier Catelinois, cité dans Le Monde.

« Remettre en question les organismes publics aujourd’hui – y compris les agences de santé et d’environnement – ​​est un rejet de l’histoire », a-t-il ajouté.

A lire également