Ai-je le droit de voir mes petits-enfants en France après une grosse dispute familiale ?
des questions
Les droits des grands-parents ne sont pas inconditionnels
Question du lecteur : Ma fille et mon gendre habitent à environ 20 minutes de chez moi en France, mais suite à une grosse dispute familiale les visites ont cessé et ils nous ont dit de ne plus les contacter. Nous voulons toujours voir nos petits-enfants. Avons-nous le droit légal de les voir ?
Les grands-parents ont le droit légal de voir leurs petits-enfants, mais ce n’est pas inconditionnel.
L’article 371-4 du Code civil dispose qu’un enfant « a le droit d’entretenir relations personnelles avec leurs parents et (arrières) grands-parents. Seul l’intérêt supérieur de l’enfant peut empêcher l’exercice de ce droit.
L’« intérêt supérieur » de l’enfant n’est cependant pas décidé par la famille mais par le juge aux affaires familiales (juge aux affaires familiales).
Ils peuvent déterminer le droit d’un grand-parent de voir son petit-enfant, ainsi que le calendrier des visites.
Les juges sont en général susceptibles de considérer qu’un adulte donné, apparenté ou non, devrait pouvoir voir un enfant s’il a « vécu de manière stable avec l’enfant et l’un des parents, a contribué à l’éducation, à l’entretien ou à l’établissement de l’enfant et a noué des liens affectifs durables avec l’enfant », ajoute le code civil.
En 1982, la plus haute cour d’appel de France, la Cour de cassation, a jugé qu’« il est dans l’intérêt supérieur des enfants de maintenir des relations personnelles avec leurs grands-parents, à moins que des motifs sérieux ne justifient le contraire ».
« Un conflit, même ancien, entre parents et grands-parents ne justifie pas automatiquement un refus de contact.
« Le conflit doit être de nature à avoir un impact sur l’enfant, à avoir des conséquences néfastes sur son bien-être psychologique et émotionnel ou à empêcher la possibilité d’une relation saine », selon site d’information du gouvernement Service-Public.
Cela dit, la Cour de cassation a parfois jugé qu’un litige était si virulent qu’il n’était pas possible, de ce fait, d’organiser des visites ordonnées de manière compatible avec le bien-être de l’enfant.
L’enfant lui-même est parfois invité par le juge ou un autre intermédiaire à expliquer son point de vue et ses sentiments, le cas échéant, en fonction de son âge et de sa maturité.
Votre première étape devrait être de tenter de résoudre le problème à l’amiable avec votre fille et votre gendre par le biais de la médiation familiale (médiateur familial).
Vous pouvez trouver un médiateur à proximité en utilisant le lien ici – notez que ce doit être un spécial médiateur familial et non un médiateur général.
Ce n’est qu’en cas d’échec que vous pourrez alors saisir le juge aux affaires familiales, via le tribunal judiciaire le plus proche du domicile de votre petit-enfant.
Il est conseillé de vous faire représenter par un avocatmais une aide juridique peut être disponible.
