De plus en plus de communes françaises adoptent les tests ADN pour lutter contre les crottes de chien
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Les municipalités utilisent des tests génétiques pour retrouver les chiens dont les propriétaires ne nettoient pas après eux
Les crottes de chiens laissées sur les trottoirs sont l’une des nuisances les plus courantes de la vie urbaine, un désagrément qui a conduit de nombreuses communes françaises à adopter les tests ADN.
Béziers (Hérault), Saint-Omer (Pas-de-Calais) et L’Escarène (Alpes-Maritimes) font partie des communes qui ont mis en place des systèmes permettant d’adapter les crottes de chien à l’animal et, par la suite, à son propriétaire.
Même si les trois municipalités font état d’améliorations significatives en matière de propreté, cette approche n’a pas été sans controverse.
La bataille judiciaire de Béziers
Béziers utilise ce système depuis 2023. La ville a déclaré que les crottes de chiens dans le centre-ville ont diminué de 85 %, avec 2 247 chiens désormais identifiés génétiquement. Elle a donc décidé d’élargir la zone couverte par ce dispositif, les contrôles dans la nouvelle zone devant débuter le 15 novembre.
Cependant, en mai 2025, le tribunal administratif de Montpellier a annulé l’ordonnance initiale de Béziers, estimant que l’identification génétique obligatoire n’était pas « nécessaire, appropriée ou proportionnée ».
Son maire Robert Ménard a néanmoins pris un nouvel arrêté rétablissant la mesure.
Les résultats ailleurs
À Saint-Omer, le dispositif a débuté en juin 2025. La commune a indiqué que les salissures canines ont diminué de 60 % au cours de sa première année, ce qui l’a amenée à étendre le dispositif des principales rues commerçantes à l’ensemble de la zone urbaine.
A L’Escarène, commune d’environ 2 500 habitants dans les Alpes-Maritimesle système a été introduit en 2024. Fin 2025, environ 70 chiens avaient été enregistrés.
La commune a indiqué que des lieux auparavant régulièrement salis, notamment à proximité d’une école, sont devenus propres sans qu’il soit nécessaire de prononcer une seule amende, selon franceinfo.
Comment fonctionne la collecte d’ADN
Les propriétaires font collecter l’ADN de leur chien par un vétérinaire, généralement au moyen d’un rapide prélèvement à l’intérieur de la joue. Saint-Omer a qualifié l’intervention de « rapide, simple et indolore ».
L’échantillon crée un profil génétique lié au propriétaire. Lorsqu’une déjection non collectée est trouvée dans une zone contrôlée, les agents municipaux peuvent prélever un échantillon et l’envoyer à un laboratoire. S’il correspond à un chien enregistré, le propriétaire peut être identifié.
Les sanctions varient également selon les villes. À Béziers, la non-présentation de la carte d’identification génétique (qui doit être obligatoirement portée en permanence par le propriétaire d’un chien) peut entraîner une amende de 35 €, tandis qu’une caution identifiée non encaissée entraîne 130 € de frais de ménage.
À Saint-Omer, la non-présentation de la carte peut entraîner une amende pouvant aller jusqu’à 150 €, tandis que le fait de ne pas nettoyer les déjections canines peut encourir jusqu’à 173 € de frais. A L’Escarène, la municipalité a fixé une amende de 300 € pour un délit identifié.
Saint-Omer donne également 72 heures aux propriétaires pour présenter leur carte d’identification génétique s’ils ne l’ont pas en possession lors d’un contrôle.
Le système dépend toutefois de l’enregistrement initial de leurs chiens par les propriétaires.
Lorsqu’un échantillon d’ADN ne peut pas être comparé, les municipalités peuvent toujours trouver d’autres moyens de retrouver le propriétaire. « Nous nous sommes rendus dans une rue du centre-ville où des habitants se plaignaient. L’analyse des déjections n’étant pas concluante, nous avons envoyé notre policière municipale patrouiller aux horaires habituels pour ce type de nuisances tard dans la nuit ou tôt le matin. Elle a pu identifier l’auteur de l’infraction », a déclaré à France 3 Côte d’Azur Jean-Claude Vallauri, adjoint au maire chargé de l’urbanisme de L’Escarène.
Il y a aussi des coûts pour le système. À Saint-Omer, l’analyse des déjections canines coûte 34,10 € HT, le coût étant répercuté sur le propriétaire si son chien est identifié.
L’Escarène, cependant, a déclaré que le projet a réduit sa facture de nettoyage puisque la commune a dépensé moins de 5 000 € pour le système au cours de sa première année, contre environ 23 000 € auparavant dépensés chaque année pour nettoyer les déjections des chiens.
