Sécheresse historique en France : la plupart des réservoirs souterrains à des niveaux inférieurs à la moyenne
Juillet 2026 a vu les niveaux d’eau baisser dans 94 % des aquifères
Plus de la moitié des aquifères souterrains de France sont à des niveaux inférieurs à la moyenne pour la saison, le manque de précipitations estivales ayant entraîné une diminution des réserves.
Les aquifères sont des couches souterraines de roches ou de sédiments qui retiennent les eaux souterraines et constituent une source d’eau importante pour les habitations, l’agriculture et l’industrie, en particulier pendant les périodes de sécheresse.
Au 1er août, 63% des aquifères étaient à des niveaux inférieurs à la moyenne, a indiqué le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son rapport mensuel.
Ceci est comparé à 44% au même moment l’été dernier.
En outre, 94 % des points de mesure ont enregistré une baisse des niveaux des aquifères en juillet 2026, et seulement 2 % ont enregistré des augmentations de niveaux.
Les zones où les tableaux sont les plus bas comprennent le nord et l’est de la France, ainsi que les zones centrales à l’ouest de Clermont-Ferrand.
Seules la zone au sud de Paris et les poches d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine affichent des niveaux supérieurs à la moyenne.
Même dans les zones où l’eau provient principalement des rivières et non des aquifères souterrains (indiquées en gris sur la carte), des pénuries d’eau surviennent dans près de la moitié de la population française. les petites rivières et ruisseaux sont désormais à sec.
Les pénuries signifient qu’actuellement plus de 40 000 personnes sont sans accès à l’eau du robinet.
Impact à long terme de la sécheresse
Ces faibles niveaux sont à la fois un symptôme et un facteur contributif à la sécheresse historique de 2026 en France.
Afin de préserver la ressource en eau, tous les départements de France métropolitaine comptent désormais au moins une zone soit confrontée à des restrictions d’eau, soit émettant des mises en garde concernant la consommation de l’eau du robinet.
Ces restrictions pourraient durer jusqu’à l’automne, voire l’hiver, afin de permettre aux aquifères les plus touchés de se reconstituer.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, l’avait déjà déclaré, affirmant qu’elles pourraient se poursuivre jusqu’à l’automne.
Après des pluies constantes en début d’année, la France a connu cet été des niveaux de précipitations historiquement bas, certaines zones n’ayant même pas reçu la moindre goutte de pluie tout au long du mois de juillet.
Un excès d’eau a également été nécessaire pour lutter contre les incendies de forêt cette saison, la France étant sur le point d’enregistrer son année la plus dévastatrice en termes d’incendies après plusieurs incendies majeurs.
À mesure que les vagues de chaleur successives ont frappé le pays, les sols se sont asséchés, ce qui signifie que les pluies d’automne qui s’ensuivront devront humidifier les sols pour les rendre perméables avant même que de nouvelles pluies puissent commencer à reconstituer les aquifères.
Alternativement, les agriculteurs devraient utiliser les rares ressources restantes des aquifères pour humidifier les sols avant toute pluie, bien que cela ne puisse jamais être garanti.
Cependant, ce n’est pas rare en été.
« Cette situation est typique de la saison. Les précipitations provenant d’orages souvent violents ne s’infiltrent pas efficacement dans les sols. De plus, les températures élevées durant cette période ont favorisé l’évapotranspiration et augmenté la demande en eau des plantes. Les prélèvements d’eau pour l’irrigation et le tourisme peuvent avoir localement accéléré la baisse des niveaux », a indiqué le BRGM.
Vous pouvez lire le rapport complet, ainsi que retrouver une carte interactive comparant les niveaux entre 2025 et 2026 sur le BRGM. site web.
