Pouvez-vous gérer les finances de votre conjoint en France s’il perd sa capacité mentale ?

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Les difficultés pratiques et juridiques peuvent parfois surprendre désagréablement les résidents étrangers.

Les familles transfrontalières peuvent être confrontées à des complications supplémentaires car les systèmes diffèrent considérablement entre le Royaume-Uni et la France.

Question du lecteur : Nous sommes un couple britannique en France. Nous sommes tous les deux toujours en bonne santé, mais je m’inquiète de ce qui pourrait arriver à nos affaires financières si l’un de nous développait une démence au cours des années suivantes. Avez-vous des conseils sur la manière de vous préparer à l’avance si cela devait se produire ?

De nombreux couples supposent que si l’un des partenaires perd sa capacité mentale, l’autre sera automatiquement en mesure de gérer les banques, les investissements et les questions financières en son nom.

En réalité, ce n’est souvent pas si simple.

Pour les résidents étrangers en France ou les familles dont le patrimoine est réparti dans plusieurs pays, les difficultés pratiques et juridiques peuvent parfois surprendre désagréablement.

La perte de capacité mentale peut survenir progressivement à la suite de maladies telles que la démence, ou soudainement à la suite d’un accident ou d’un accident vasculaire cérébral. Les familles sont souvent confrontées à un stress émotionnel précisément au moment où des décisions financières importantes doivent également être prises.

L’un des malentendus les plus courants est la croyance selon laquelle le mariage donne automatiquement à l’un des époux le pouvoir de gérer les affaires financières de l’autre.

Dans la pratique, les banques, les sociétés d’investissement et les organismes administratifs exigeront généralement une autorisation légale formelle avant d’accepter des instructions lorsque des questions de capacité mentale se posent.

Cela peut créer des problèmes immédiats. Par exemple, lorsque l’épargne, les investissements ou les biens sont détenus au nom unique d’un conjoint, le conjoint en bonne santé peut découvrir qu’il ne peut pas accéder aux comptes, modifier les investissements, vendre des actifs ou même obtenir des informations sans l’autorisation appropriée.

Même les comptes conjoints ne fonctionnent pas toujours aussi bien comme les couples s’y attendent une fois que la vulnérabilité ou l’incapacité devient apparente.

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Planification transfrontalière

Les familles transfrontalières peuvent être confrontées à des complications supplémentaires.

De nombreux expatriés britanniques en France possèdent des comptes bancaires, des pensions, des investissements ou des biens immobiliers au Royaume-Uni aux côtés d’actifs français. Les systèmes régissant l’incapacité mentale diffèrent considérablement entre le Royaume-Uni et la France, et les institutions financières ne répondent pas toujours de manière cohérente aux documents délivrés dans un autre pays.

Au Royaume-Uni, de nombreuses personnes connaissent la procuration durable (LPA), qui permet à une personne de confiance de gérer ses affaires financières en cas de perte de sa capacité mentale.

La France dispose de ses propres systèmes, dont le mandat de protection futurainsi que des mesures de protection surveillées par les tribunaux telles que la curatelle et la tutelle.

Cependant, les familles sont souvent surprises de découvrir que les documents préparés dans un pays ne sont pas toujours immédiatement acceptés ailleurs sans procédures supplémentaires, traductions ou examen juridique.

Les institutions financières ont tendance à devenir particulièrement prudentes lorsque des préoccupations concernant la capacité mentale émergent. Le personnel est formé pour identifier la vulnérabilité et peut restreindre certaines actions jusqu’à ce qu’il soit convaincu qu’il existe une autorité appropriée.

Bien que cela soit compréhensible du point de vue de la sauvegarde, cela peut frustrer les familles si aucune préparation n’a été faite à l’avance.

Problèmes à long terme

Les difficultés peuvent devenir encore plus importantes lorsque des besoins de soins de longue durée surviennent.

Le conjoint en bonne santé peut soudainement devoir réorganiser ses finances, accéder à des investissements, vendre une propriété ou organiser le financement des soins, tout en essayant de naviguer dans des procédures administratives inconnues dans plusieurs juridictions.

En l’absence de dispositions juridiques appropriées, l’intervention du tribunal peut éventuellement s’avérer nécessaire.

En France, certains dispositifs de protection impliquent un contrôle judiciaire, avec des obligations de signalement permanentes et un contrôle judiciaire pour protéger les personnes vulnérables.

D’un point de vue pratique, la préparation est souvent bien plus facile que d’essayer de résoudre les problèmes plus tard sous pression.

Cela ne signifie pas nécessairement une planification compliquée. Dans de nombreux cas, il s’agit simplement de veiller à ce que les dispositions financières et juridiques soient correctement examinées avant que des difficultés ne surviennent.

Les familles pourraient souhaiter se poser les questions suivantes :

• s’il existe des procurations ou des dispositions de protection appropriées,

• s’ils sont adaptés aux circonstances internationales,

• comment les actifs et les comptes sont structurés,

• si les deux conjoints peuvent accéder aux informations essentielles,

• et si les arrangements financiers restent gérables si l’un des partenaires devient incapable d’agir de manière indépendante.

Un autre problème souvent négligé est celui de l’accès au numérique.

De nombreux couples dépendent désormais largement des services bancaires en ligne, des plateformes d’investissement et de l’administration électronique. Si les mots de passe, les procédures de sécurité ou les détails d’accès au compte ne sont connus que d’un seul des conjoints, même une gestion financière quotidienne relativement simple peut rapidement devenir difficile.

Bien que les discussions autour de l’incapacité mentale soient naturellement inconfortables, éviter complètement le sujet peut créer plus tard un stress bien plus important pour les deux conjoints et leur famille élargie.

La bonne nouvelle est que de nombreuses difficultés potentielles peuvent être considérablement réduites grâce à une préparation précoce et à un simple examen des dispositions existantes.

Dans de nombreux cas, l’objectif n’est pas une restructuration juridique complexe, mais simplement de garantir que les familles comprennent comment leurs finances sont organisées, où des difficultés potentielles peuvent survenir et si des garanties juridiques et financières appropriées sont déjà en place.

En fonction des circonstances individuelles, les familles peuvent bénéficier de discussions avec des professionnels dûment qualifiés tels qu’un notaire, un avocat ou un avocat, ainsi que d’un examen plus large de la planification financière en cas d’actifs internationaux, d’investissements ou d’exposition fiscale.

Un conseil en gestion de patrimoine peut aider les familles à revoir les implications financières plus larges et l’organisation pratique de leurs affaires, en particulier dans les situations transfrontalières.

En fin de compte, l’étape la plus importante consiste souvent simplement à entamer la conversation avant qu’une crise ne survienne.

Robert Kent est conseiller financier chez Kentingtons.com

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