La querelle du tourisme de croisière à Nice se poursuit alors que les restrictions s’assouplissent
Les groupes environnementaux mettent en garde contre la pollution et les entreprises locales craignent une réduction du nombre de visiteurs et des revenus.
Nice et Villefranche-sur-Mer restent divisées sur le tourisme de croisière, les défenseurs de l’environnement appelant à des limites plus strictes, tandis que des pans de l’économie locale mettent en garde contre des pertes de nombre de visiteurs et de revenus.
Le débat se poursuit après que Nice ait revu à la baisse ses projets antérieurs visant à imposer une quasi-interdiction sur les grands navires de croisière suite à la pression des opérateurs touristiques et des acteurs portuaires.
L’ancien maire Christian Estrosi avait initialement proposé d’interdire aux navires de croisière transportant plus de 900 passagers d’accoster à Nice et à Villefranche-sur-Mer, à proximité, afin de freiner le surtourisme et de réduire la pression environnementale – mais s’est heurté à une forte opposition de la part de l’industrie du tourisme.
Un cadre révisé a depuis été introduit. Les plus gros navires sont désormais autorisés à mouiller au large à Villefranche-sur-Mer, les passagers étant transférés à terre par des bateaux tendres. Les petits navires de croisière continuent d’accoster à Nice, tandis que les plus gros navires sont redirigés vers d’autres ports méditerranéens. Les escales quotidiennes en croisière sont également plafonnées.
Les estimations du port suggèrent que la plupart des escales de croisière programmées se poursuivront dans le cadre du système révisé, atténuant les inquiétudes concernant une baisse du trafic. La Cruise Lines International Association (CLIA) a déclaré qu’elle soutenait les efforts visant à améliorer la durabilité, mais avait été surprise par les restrictions initiales, ajoutant que les escales de grands navires à Nice restaient relativement limitées.
Hélène Granouillac, fondatrice et présidente de l’agence environnementale Terre Bleue, a déclaré que la région est confrontée à « le défi le plus emblématique lié aux grands navires de croisière en Méditerranée », notamment à Villefranche-sur-Mer.
Elle a mis en garde contre la pollution due aux gaz à effet de serre, aux particules fines et aux oxydes d’azote affectant la qualité de l’air côtier et la santé publique. Elle a également souligné les risques de dommages marins liés au rejet des eaux usées et à la pression d’ancrage sur les fonds marins.
« De nombreux acteurs locaux estiment que les avantages économiques sont minimes par rapport aux dommages environnementaux et sociaux causés », a-t-elle déclaré, ajoutant que le trafic de croisière doit être mis en parallèle avec les pressions touristiques plus larges dans la région.
Mme Granouillac a également souligné les défis environnementaux liés aux voyages à grand volume, notamment le trafic aérien de l’aéroport Nice Côte d’Azur, qui a accueilli plus de 14 millions de passagers en 2024. La dépendance de la région à l’égard d’un modèle de « transport tout aérien » reste un défi majeur en matière d’émissions aux côtés du tourisme maritime, a-t-elle déclaré.
Elle a appelé à un déploiement plus rapide des systèmes d’alimentation à quai afin que les navires puissent éteindre leurs moteurs lorsqu’ils sont à quai, et à une consultation plus étroite avec les parties prenantes préoccupées par les pertes économiques estimées à environ 25 millions d’euros par an pour Nice et Villefranche-sur-Mer.
Elle a déclaré que Nice, qui a accueilli l’ONUC 3 en 2025 et dirige la Coalition des Nations Unies pour la montée des océans, doit aller au-delà des déclarations.
« Nous devons et pouvons faire mieux », a-t-elle déclaré.
