Le Conseil constitutionnel valide le plafonnement des frais de succession bancaires

Les frais de règlement de succession seront plafonnés à 1% du patrimoine du défunt

Les frais de succession ont été critiqués comme étant une « taxe sur le deuil », car ils peuvent inclure des frais de clôture des comptes de mineurs décédés.

Le Conseil constitutionnel a confirmé le plafonnement des frais de succession bancaires, en statuant que les frais liés au règlement de la succession doivent être plafonnés à 1 % du patrimoine détenu dans l’établissement par le défunt.

Le conseil a toutefois supprimé des parties d’une loi de 2025 qui aurait rendu totalement gratuits certains services bancaires liés aux successions, y compris pour les successions impliquant des mineurs décédés.

La décision, publiée dans le Journal officiel le 20 juin, a suivi un recours constitutionnel intenté par la Caisse d’Epargne Grand Est Europe.

Les frais d’abolition totale annulés

La loi, adoptée par le Parlement en mai 2025, a cherché à supprimer les frais de succession bancaires dans plusieurs situationsy compris lorsque le défunt était mineur, lorsque les successions étaient considérées comme simples ou lorsque le montant en cause tombait en dessous d’un seuil actuellement fixé à 5 910 €.

De telles redevances avaient été critiquées comme une « taxe sur le deuil », notamment après une affaire largement médiatisée dans laquelle des parents se sont vu facturer 138 € pour clôturer le livret A de leur enfant de huit ans après le décès de celui-ci en 2021.

Le Conseil constitutionnel a estimé qu’interdire aux banques de facturer des frais dans ces cas, quel que soit le travail demandé, constituait « une atteinte disproportionnée à la liberté d’entreprise et à la liberté contractuelle ».

Les juges ont reconnu que les procédures de succession peuvent nécessiter un véritable travail administratif de la part des banques et ont supprimé les dispositions qui auraient rendu ces services entièrement gratuits.

Le plafond des frais reste en vigueur

Les banques peuvent continuer à facturer des frais de succession, y compris en cas de décès de mineurs, mais ces frais doivent rester dans les limites fixées par la loi de 2025.

Le conseil a confirmé l’autre mesure phare de la réforme : un plafonnement des droits de succession à 1 % de la valeur des comptes et produits d’épargne du défunt, dans la limite d’un plafond global fixé par décret, actuellement à 850 €.

La Caisse d’Epargne Grand Est Europe avait fait valoir que le plafond pourrait empêcher les banques de recevoir une rémunération suffisante pour les travaux impliqués et les obligerait à supporter le coût d’une mesure de politique sociale.

Le Conseil constitutionnel a rejeté cet argument, estimant que le Parlement poursuivait un objectif légitime de protéger les consommateurs contre des tarifs excessifs.

Elle a également noté que les règles ne concernent qu’une partie limitée des activités des banques.

Les juges ont estimé qu’un plafond de 1 % n’empêchait pas les banques de couvrir leurs coûts, à condition que le montant maximum fixé par le gouvernement soit suffisamment élevé.

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