Le ministre français de l’Economie estime qu’il faudra « un peu plus de temps » pour que les prix du carburant descendent à 1,70 €
Les prix du carburant baissent en France alors que les tensions s’apaisent, avec de nouvelles baisses attendues progressivement
Les prix du carburant ont commencé à baisser à mesure que les tensions au Moyen-Orient s’atténuent suite à un accord de paix et à la promesse de la réouverture du détroit d’Ormuz.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a décrit la réouverture du détroit – une route maritime stratégique par laquelle transitent environ 20 % des flux mondiaux de pétrole – comme un facteur clé qui devrait contribuer à stabiliser les flux mondiaux de pétrole et à alléger la pression à la pompe, sur la radio RTL.
Les prix du diesel ont déjà considérablement baissé par rapport au pic de 2,40 euros le litre enregistré il y a quelques semaines et se situent désormais autour de 2 euros le litre pour la première fois depuis début mars.
Le président Emmanuel Macron avait également exprimé un optimisme prudent que de nouvelles baisses pourraient suivre à mesure que les tensions au Moyen-Orient s’atténuent et que les perspectives de réouverture du détroit s’améliorent.
M. Lescure reste toutefois prudent quant à un retour rapide à une baisse des prix. « Nous avons parcouru les deux tiers du chemin », a-t-il déclaré, ajoutant que même si des progrès ont été réalisés, « il faudra un peu plus de temps » pour que le carburant revienne aux niveaux de référence antérieurs.
Impact de l’accord de paix
L’Iran et les États-Unis ont signé un mémorandum d’accord plus tôt cette semaine qui devrait conduire à un accord de paix permanent pour mettre fin à la guerre, avec une cérémonie de signature prévue vendredi 19 juin à Genève.
Aux termes du mémorandum, l’Iran a promis de rouvrir le détroit sans péage pendant au moins 60 jours. Mais les experts en transport maritime estiment que cela pourrait prendre des semaines pour résorber l’arriéré de navires dans le détroit.
Dans ses commentaires en début de semaine, M. Macron a reconnu ce fait, soulignant qu’il faudrait plusieurs semaines pour que les chaînes d’approvisionnement mondiales s’ajustent complètement avant que l’impact ne se fasse sentir à la pompe. En effet, les prix du carburant suivent généralement les évolutions des marchés pétroliers avec un retard dû à la logistique, aux niveaux de stocks et aux contrats de distribution.
Avant que les récentes tensions au Moyen-Orient ne fassent grimper les prix, le carburant en France était proche de 1,70 € le litre. M. Lescure a déclaré que, pour l’instant, atteindre et se stabiliser en dessous de 2 euros le litre représenterait déjà une réussite significative.
Les stations-service invitées à répercuter leurs économies
Il a également souligné le bénéfice immédiat pour les automobilistes à kilométrage élevé, estimant les économies à plus d’un euro par plein suite à la récente baisse des prix. Le gouvernement a exhorté les distributeurs de carburant à répercuter les réductions de prix aussi rapidement que les augmentations se répercutent à la pompe.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, s’est fait l’écho du même argument, estimant que « dans un souci d’équité », il est nécessaire de répercuter les baisses aussi rapidement que les hausses.
« Je ne peux pas vous dire combien de jours ou de semaines il faudra pour que le détroit d’Ormuz rouvre, ni combien de jours ou de semaines il faudra pour que les pétroliers, actuellement bloqués, puissent circuler librement, mais j’ai remarqué que les prix ont déjà commencé à baisser, que le prix du diesel n’a plus été aussi bas depuis le 9 mars », a déclaré Mme Bregeon dans un entretien à BFM/RMC.
Le ministre de l’Économie a également évoqué la subvention au carburant de 100 euros pour les conducteurs à kilométrage élevé, qui a déjà été distribuée à près d’un million de bénéficiaires.
Le gouvernement fournit un service de comparaison des prix du carburant afin que vous puissiez vérifier les prix près de chez vous.
