Un promoteur immobilier condamné à rembourser 28 800 € en raison d’un patrimoine français surévalué
L’évaluation aurait dû être expliquée à l’acheteur, selon le tribunal
Un promoteur immobilier a été condamné par le plus haut tribunal de France à payer 28 800 € de dommages et intérêts après avoir constaté qu’il avait considérablement surévalué un appartement – sans avoir expliqué pourquoi à l’acheteur.
La Cour de cassation a jugé que les professionnels de l’immobilier doivent fournir une information claire et transparente sur les hypothèses de valorisation des biens immobiliers et justifier auprès des acheteurs leurs prévisions de rendement des investissements, notamment dans le cadre des programmes d’achat locatif bénéficiant d’incitations fiscales.
L’acquéreur, qui réside désormais en Suisse, a acheté en 2006, dans une commune non identifiée, un appartement T3 (deux chambres) et une place de parking pour 144 210 €, au titre du régime d’incitation fiscale Robien.
Une expertise réalisée en 2016 a évalué le bien à 59 000 €, confirmant la conclusion du tribunal selon laquelle le prix de vente initial avait été considérablement gonflé par rapport à sa valeur marchande réelle.
Dans les supports marketing remis au moment de la vente, le promoteur – alors connu sous le nom d’Omnium Conseil et aujourd’hui Stellium Immobilier – décrivait l’investissement immobilier comme « une excellente valeur refuge, même s’il était soumis à de « légères variations de prix » ».
Il précise également que « votre propriété sera probablement réévaluée ».
Le promoteur immobilier a le devoir d’informer
Le tribunal a estimé que ces déclarations, prises ensemble, ne révélaient pas le risque que l’évaluation initiale elle-même ne soit pas fondée sur une évaluation réaliste des conditions du marché.
La Cour de cassation a jugé que le promoteur avait manqué à son devoir professionnel d’information et de conseil à l’acquéreur. Elle a confirmé une décision de justice condamnant Stellium Immobilier à rembourser 20 % du préjudice, fixant le préjudice à 28 800 €.
Le tribunal a également rejeté la contestation judiciaire du promoteur, arguant que la demande devait être rejetée car il était trop tard – après la fin du délai de prescription de 10 ans.
Cependant, le tribunal a jugé que le délai de prescription avait commencé en 2016, lorsque la surévaluation avait été établie par l’expertise, plutôt qu’au moment de l’achat en 2006.
