Les tests de cadmium peuvent désormais être remboursés en France : qui est éligible ?
Les experts médicaux estiment que les critères d’éligibilité sont trop étroits et ne correspondent pas au risque sur le terrain
Les groupes de santé ont averti que les nouveaux remboursements pour le dépistage du cadmium introduits cette semaine en France ne vont pas assez loin en termes de protection de la population.
Les remboursements, qui ont débuté mardi 16 juin, sont disponibles pour les personnes potentiellement surexposées au cadmium en raison de leur lieu de résidence, notamment lorsque les sols ont été préalablement identifiés par les autorités comme contaminés.
Le dépistage s’adresse également aux personnes souffrant d’une intoxication chronique au cadmium et qui font déjà l’objet d’un suivi médical.
Le test est au prix de 27,50 € avec 60 % de remboursement par l’Assurance maladie. À l’instar d’une consultation médicale, les patients devront payer une « contribution » forfaitaire de 2 € plus les frais restants non couverts par l’assurance maladie complémentaire.
Toutefois, les critères d’éligibilité au dépistage remboursé ont été critiqués par les experts médicaux comme étant trop étroite.
Les médecins préviennent que restreindre l’éligibilité aux seules personnes exposées à la contamination en raison de leur lieu de résidence ou de travail risque de passer à côté de la majorité des cas, car la plupart des expositions au cadmium en France sont liées à la consommation alimentaire plutôt qu’au contact direct.
L’éligibilité « ne correspond pas à la réalité »
Le cardiologue Dr Pierre Souvet a déclaré à FranceInfo que les critères d’éligibilité aux remboursements « ne correspondent pas à la réalité ». des populations à risque d’infection.
Environ 7 000 sites en France ont été identifiés comme présentant des niveaux dangereux de métal cancérigène dans le sol, mais le Dr Souvet a déclaré que de nombreuses personnes qui ne vivaient pas dans ces zones étaient tout aussi à risque en raison de leur alimentation et des problèmes de santé qui y sont associés.
Dr Souvet, président de la Association Santé Environnement France (ASEF), une organisation de professionnels de santé français préoccupés par l’impact de la pollution environnementale sur la santé humaine, a donné l’exemple d’une personne vivant à Paris – qui n’est pas une zone où les niveaux de cadmium dans le sol sont élevés – qui pourrait avoir une alimentation riche en aliments contenant du cadmium comme les céréales, les pommes de terre et le chocolat, et dont le risque est accru en raison du fait d’être fumeur et d’avoir une carence en fer.
« S’ils habitent dans un immeuble du 9e arrondissement de Paris, ils ne sont pas éligibles au dépistage. Cela ne reflète donc pas la réalité », estime le Dr Souvet.
« Les Français sont infectés et nous devons nous donner tous les moyens pour lutter efficacement contre cela », a déclaré le Dr Souvet, avant d’appeler le gouvernement à élargir l’éligibilité aux dépistages gratuits.
Une prescription médicale est nécessaire pour que le test soit réalisé. Le dépistage implique un premier test d’urine pour mesurer les niveaux de cadmium. Si le taux de cadmium urinaire est élevé, une mesure de cadmium sanguin peut être réalisée en suivi, également prise en charge dans les mêmes conditions de remboursement.
Ces tests sont à réaliser conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé.
Le cadmium est classé cancérigène, mutagène et toxique pour la reproduction par l’ANSES. On le trouve naturellement dans les sols et entre dans la chaîne alimentaire principalement par les produits agricoles, notamment les céréales, le pain, les pommes de terre, les légumes et autres aliments à base de blé ou d’origine végétale, car il peut être absorbé par les racines des plantes.
Un projet de loi visant à réduire l’exposition au cadmium en France a été adoptée par l’Assemblée nationale le 3 juin 2026.
