225 ans se sont écoulés depuis la guerre express qui a transformé Olivenza en espagnol
En 1801, il y a 225 ans, l’Europe cédait à la domination de ce jeune général corse qui, à tout juste 32 ans, était en passe de mettre le Vieux Continent à ses pieds. L’ennemi du Royaume-Uni entre ses sourcils et avant la paix d’Amiens de 1802 qui scelle pour quelques années une paix européenne fragile, Napoléon Bonaparte jette son dévolu sur le Portugal, allié britannique au début du XIXe siècle. L’objectif de Napoléon était très fondamental : que le Portugal rompe ses accords avec le Royaume-Uni. Cette amitié entre les deux parties impliquait également que les ports portugais étaient ouverts au commerce avec les Britanniques, ce que les Français cherchaient à interrompre. Parce que l’une des stratégies clés des plans de Napoléon pour affaiblir le Royaume-Uni était d’étouffer ses contacts commerciaux, ses routes. Quelque chose qui a pris une ampleur considérable avec le blocus continental de 1806.
225 ans se sont écoulés depuis la guerre express qui a transformé Olivenza en espagnol
L’Espagne était gouvernée par Charles IV, mais celui qui gérait en grande partie les intérêts du pays était le véritable Manuel Godoy, qui gouvernait le pays. Et c’est à lui que Napoléon a demandé de parler au Portugal pour rompre les liens avec le Royaume-Uni. Dans le pays voisin, Marie Ier régnait, même si depuis 1792 elle était handicapée par des problèmes mentaux, c’est donc son fils Jean, plus tard Jean VI du Portugal, qui dirigea les destinées du Portugal à travers une régence.
Et parmi ces décisions, il y avait le fait de ne pas tenir compte des exigences de Godoy visant à ce que le Portugal rompe avec le Royaume-Uni. La conséquence fut le début de la guerre orange, lorsque la France et l’Espagne envahirent le Portugal, plus précisément l’Alentejo, en réponse au refus portugais d’accéder à leurs demandes.
Le conflit fut rapide, du 20 mai au 6 juin 1801. La supériorité franco-espagnole, avec environ 60 000 unités militaires contre 18 000 portugaises, fut décisive.
Olivenza, espagnol
Le Traité de Badajoz, signé le 6 juin entre l’Espagne et le Portugal, établit la restitution de toutes les localités prises par les envahisseurs pendant le conflit, à l’exception d’Olivenza, une ancienne revendication historique de l’Espagne et une ville qui appartient depuis au territoire espagnol. Cet accord met fin à la Guerre des Oranges, ainsi nommée parce que Manuel Godoy envoya des oranges à María Luisa, épouse de Carlos IV, lors du siège de la ville d’Elvas.
Le traité de Badajoz a ensuite été entériné entre la France et le Portugal en septembre, avec le traité de Madrid. Dans les deux accords, le Portugal a été contraint de fermer ses ports au commerce avec les Anglais et de les ouvrir aux Français.
La guerre orange et la paix qui a suivi ont contribué à défaire la deuxième coalition contre les Français, ce qui a conduit à la paix d’Amiens susmentionnée, qui a momentanément pacifié l’Europe. En ce qui concerne le Portugal, ils ont violé les traités en envahissant les missions orientales, qu’ils n’ont jamais restituées à la juridiction espagnole et qui font aujourd’hui partie du Brésil.
