« Redonner vie aux » maisons méditerranéennes

Restauration d’un mas-château à Uzès

L’acier, le béton et la chaux ne sont que quelques-unes des matières premières utilisées dans la brillante refonte d’une ferme laissée en sommeil depuis des décennies. Aujourd’hui, le vaste projet de rénovation réussit à conjuguer respect de son patrimoine et sensation d’espace, en ouvrant les pièces sur un jardin privatif et une piscine ombragée.

Pour Olivier et Stéphanie, le bâtiment est plus qu’une maison, c’est un retour aux sources. Après avoir vécu près de trente ans en Angleterre et élevé deux enfants à Londres, le couple rêvait de broussailles sauvages, de vignes et de soleil. Ce joyau rare d’un bâtiment se cachait dans un petit village du Gard, dans le sud de la France. Une ancienne ferme reliée à un château ; patiné par le temps mais chargé d’histoire.

« Nous avions envie de redonner vie à ce magnifique bâtiment », se souvient Olivier. Le défi était de conserver son âme et de réinventer l’espace sans toucher à l’essence du bâtiment. Des éléments architecturaux originaux comme les toitures monumentales en bois, les terres cuites parefeuille les tuiles décorant les plafonds et les toits, et les majestueuses voûtes en pierre de taille devaient être conservées, mais surtout placées au cœur du projet.

Dans le salon d’Olivier et Stéphanie, les accents de pierre et de terre se mêlent à ceux des canapés en lin de Maison de Vacances et des fauteuils

Le salon est le cœur de la maison dans ce qui étaient autrefois les écuries. Il s’ouvre sur une terrasse couverte, offrant un dialogue permanent entre l’intérieur et l’extérieur.

Olivier est passionné d’architecture tandis que Stéphanie aime le design d’intérieur ; ils avaient une vision spécifique pour la rénovation. Ils ont fait appel à l’architecte nîmois Anthony Pascual et à son réseau d’artisans pour concrétiser leur vision. Stéphanie a opté pour une combinaison de pièces contemporaines et anciennes pour l’intérieur.

« Nous avons également conçu des éléments sur mesure avec Anthony, notamment le magnifique escalier en acier brut qui constitue le point central de la rénovation », reconnaît Olivier avec gratitude.

Une résurrection intemporelle. C’est comme si la transformation de la ferme n’était qu’une simple continuation de son histoire. Comme le disait l’écrivain William Faulkner : « Le passé n’est jamais mort. Il n’est même pas passé. »

Une maison d’hôtes contemporaine à Montclus

Un repère esthétique posé aux portes des Cévennes, bien loin des excès touristiques habituels.

Rémy Coussedière et Marc Étienne nous accueillent dans leur maison d’hôtes, Mas Re.Source, et dans ce dialogue visuel et culturel inspirant entre vieilles pierres, nature réparatrice, photographie contemporaine et mobilier design.

Il a fallu plus de deux ans aux deux hommes pour transformer un bâtiment de ferme historique en quelque chose d’audacieusement contemporain, en collaboration avec l’architecte Lucilla de Montis de DirectArchitecte.

Rémy et Marc ont également fait appel au paysagiste Luc Échilley pour valoriser les espaces extérieurs.

« Quand nous sommes arrivés ici, l’environnement autour du bâtiment vétuste était complètement sauvage », explique Marc. « Luc a créé un jardin extraordinaire, avec en prime un faible besoin en eau. »

Le bâtiment principal abrite cinq suites lumineuses. Chaque aspect a été réalisé à un niveau exceptionnel : de larges terrasses, des fenêtres panoramiques qui vous donnent l’impression de flotter au-dessus du ciel et de ne faire qu’un avec le paysage, et des salles de bains à couper le souffle.

Le couple est un connaisseur d’art et chaque espace est l’occasion d’exposer leur étonnante collection de photographies, accumulée sur trente-cinq ans. « Notre art est le centre névralgique de notre ferme », confirme Rémy.

« Nous voulons créer des interactions entre le style contemporain et le passé, mais la photographie est toujours le point de départ, le tremplin. C’est de là que vient notre inspiration ; les matériaux, les objets et le mobilier suivent. »


Des murs en pierres sèches parcourent toute la longueur de la piscine. Marc et Rémy ont conçu une pergola composée d’une structure en acier et d’un bardage en pin

Deux maisons d’hôtes distinctes, chacune présentant des caractéristiques audacieuses, ont été construites à proximité. L’un est en pierre, l’autre en bois. Chacun dispose d’un salon, d’un coin cuisine, d’une salle de bain et d’une vue imprenable. Plus bas, la piscine panoramique donne directement sur la vallée de la Cèze et le Mont Ventoux.

Vous pouvez perdre des heures assis sous la pergola et boire un verre avec la vue. Le soir, autour des tables éclairées aux chandelles, vous dégusterez des plats cuisinés par Marc à partir de produits frais et locaux et serez complètement enchantés par cet art de vivre si particulier.

Coiffer avec la céramique

« Ce que j’aime le plus dans mes pièces, ce sont leurs imperfections. Elles leur donnent quelque chose d’unique : un certain look, une certaine personnalité et du caractère. »

C’est ainsi qu’Anna Karin Andersson, avec ses yeux bleus pétillants, son sourire éclatant et ses longues boucles blondes, décrit son travail.

« J’ai participé à un atelier avec un céramiste dans ma ville natale de Göteborg en Suède quand j’avais neuf ans. Depuis, je n’ai pas arrêté de travailler la terre, imaginant des formes à transformer en objets. »


Vase et bol d’Anna Karin Andersson – la vaisselle en porcelaine peut prendre des notes de vert menthe ou de rose pâle, comme de délicats pétales de fleurs

Son atelier est situé au centre de la vieille ville d’Uzès.

« Je peux travailler comme je veux ici. J’ai de l’espace, de la lumière naturelle et deux fours puissants. L’installation parfaite pour l’artiste ! »

Son matériau de prédilection est la porcelaine, qu’elle travaille dès qu’elle le peut, selon diverses techniques : à l’ancolie, au tour de potier ou encore en versant de la porcelaine liquide dans des moules en plâtre qu’elle fabrique elle-même.

Anna Karin utilise différentes techniques de finition – texturées, délicatement colorées dans des tons clairs, mouchetées, mates et brillantes – selon son inspiration.

Vases, tasses, assiettes, assiettes, carafes, bols, bougeoirs… l’artiste considère ses pièces comme des esprits libres, laissant intacts leurs défauts et imperfections pour occuper leur propre place.

Cette approche caractérise ses créations et est au cœur même de son style.

 » J’ai toujours recherché la perfection, à l’école, puis dans le supérieur. Mais avec la céramique, je me sens libre. Je vois à quel point les défauts peuvent être beaux et j’ai découvert un tout nouvel univers où l’on peut tout simplement lâcher prise.  »

Je laisse la matière parler d’elle-même et prendre vie – cette spontanéité donne à mon travail une authenticité poétique et libératrice.

Force est de constater que ce céramiste est à la fois audacieux et d’une liberté sans limite.

La vie méditerranéenne de Laurence Dougier est publié aux éditions Vendôme. Photographie de Nicolas Mathéus

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