Pourquoi nulle part l’eau n’est aussi bonne qu’en France
Commentaire
Des fontaines aux spas, l’eau façonne le quotidien des Français
En tant qu’ancien journaliste spécialisé dans les voies navigables, j’ai déjà écrit un livre sur toutes les façons de profiter des produits mouillés au Royaume-Uni. On l’appelait Ajoutez simplement de l’eau et a promis « plus de 100 façons de se détendre et de se ressourcer » avec.
Je n’oserais jamais une telle chose en France – un pays dont l’imagination en matière de possibilités aquatiques semble illimitée.
Ici, le simple fait de demander quelque chose comme un Perrier ouvre une boîte de Pandore : très pétillante ou un peu pétillante? Délicatement fruité ou plein de punch minéral ?
De Gaulle a aboyé : « Comment peut-on gouverner un pays qui possède 246 sortes de fromages ? » On pourrait exiger la même chose de son spectre vertigineux d’eaux potables. Selon les statistiques gouvernementales, la France compte une centaine de sources exploitées à des fins commerciales. Comparez cela à mon Angleterre natale, où seulement 20 sont répertoriés sur le site Web gov.uk.
Même l’eau du robinet est sensiblement relookée. Les visiteurs de Paris lors des récentes canicules sont peut-être tombés sur le site Internet Eau de Paris, qui cartographie 1 300 points d’eau publics gratuits pour remplir des bouteilles, dont 17 qui distribuent de l’eau gazeuse.
Mais faites attention aux fontaines elles-mêmes, dont la grandeur sculpturale varie depuis les emblématiques Wallace en fonte et cariatides jusqu’aux silhouettes contemporaines, aux poings en boule et au modèle « Arceau » élégant et minimaliste pour les enfants et les personnes à mobilité réduite.
Les idées créatives ont également jailli lorsqu’il s’agit d’exploiter l’attraction aquatique la plus célèbre de la ville : la Seine.
Non contente de la nettoyer pour la baignade publique, la rivière constitue désormais également la base d’un ingénieux système de refroidissement qui fait circuler de l’eau froide à travers un réseau de canalisations alimentant les musées, bureaux, hôpitaux, écoles et autres bâtiments publics, supprimant ainsi le besoin d’unités de climatisation individuelles.
Des cures thermales aux villes rafraîchissantes
La France ne néglige pas non plus les vertus thérapeutiques de l’eau : vous pouvez vous en faire un bon aperçu en suivant la Route des Villes d’Eaux, reliant 17 villes thermales réparties sur huit départements.. J’ai visité mon plus proche, Saint-Honoré-les-Bains (Nièvre), en juillet.
Ici, l’eau – naturellement riche en soufre, en chlorure de sodium et en oligo-éléments – a donné naissance à un vaste complexe thermal néoclassique du XIXe siècle destiné à traiter les affections respiratoires et les troubles rhumatismaux. Il est encore aujourd’hui ouvert aux patients, dont beaucoup bénéficient du remboursement de leur séjour par l’État.
Car c’est une autre chose à propos de l’eau française : elle est entièrement médicalisée. Mon médecin a récemment ajouté « boire 1/2 litre d’eau gazeuse dans la journée » comme coda énigmatique à une ordonnance renouvelée, et un brumisateur (vaporisateur pour le visage) a été inclus de manière hilarante sur la liste des articles « essentiels » de mon hôpital à emporter pour le travail lorsque j’ai eu un bébé ici en 2017.
Une récente visite à la pharmacie suggère que leur popularité n’a pas diminué depuis. Le comptoir regorge de canettes rechargeables aux couleurs de l’arc-en-ciel, de celles remplies de la traditionnelle eau thermale, et même d’une version eau de raisin pour les peaux sensibles.
« De l’eau, de l’eau partout », a écrit Coleridge dans The Rime of the Ancient Mariner. Mais son protagoniste éponyme a poursuivi en déplorant « pas une goutte à boire ».
A l’inverse, le véritable albatros autour du cou en France, c’est la possibilité d’en boire, de le vaporiser, de le prescrire, de le commercialiser, de l’arroser ou de rafraîchir des villes entières. Pour l’étranger non averti, naviguer dans les eaux françaises peut ressembler à une soif de travail.
