L'extrême droite française critique la soumission de Macron à von der Leyen après le départ de Breton
PARIS — Le Rassemblement national (RND) a fustigé le président Emmanuel Macron pour avoir cédé aux pressions de Bruxelles après le retrait brutal de Thierry Breton du poste de commissaire européen de la France.
Le ministre français des Affaires étrangères Stéphane Séjourné a été désigné ministre des Affaires étrangères par la France peu après. Il a annoncé lundi matin sa démission, accusant sa patronne, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, de l'avoir trompé et d'avoir tenté de convaincre Macron de le laisser tomber en échange d'un portefeuille plus influent au sein de la prochaine Commission.
« Aujourd'hui, von der Leyen contraint la France à renoncer à la nomination de Breton. Il n'y a plus de limites (…) La France (et plus tard d'autres pays) n'auront d'autre choix que de se soumettre à nouveau. C'est une fracture profonde et irréversible si la France ne réagit pas », a écrit lundi le député Rassemblement national Sébastien Chenu sur les réseaux sociaux.
« C'est donc une Allemande (Ursula von der Leyen) qui se donne le droit de choisir qui elle veut ou refuse de représenter la France à la Commission ? », a ajouté l'eurodéputé Rassemblement national Thierry Mariani.
Alors que le Rassemblement national, vainqueur face aux centristes de Macron aux élections européennes de juin, s'était opposé à la décision de proposer Breton pour un second mandat, sa démission a offert à Marine Le Pen et à ses alliés l'occasion de marquer des points politiques en accusant le président de prendre des ordres de Bruxelles.
La gauche française a formulé des critiques similaires à l'encontre d'Emmanuel Macron. Le chef du parti communiste français, Fabien Roussel, a qualifié cette décision de « scandaleuse » et a accusé Ursula von der Leyen d'avoir violé la souveraineté de la France dans un message publié sur X.
Même au sein du camp de Macron, certains voient la démarche de von der Leyen comme une décision indésirable. coup de force.
Un eurodéputé français du camp Macron, qui a requis l'anonymat pour s'exprimer en toute franchise sur le sujet, a accusé von der Leyen de « chantage » et de tentative de profiter du fait que « la France est affaiblie par sa situation politique actuelle ».
