Le syndicat des postes français s’inquiète des réductions proposées à La Poste
Sud PTT affirme que les députés doivent prendre en compte « ce dont les gens ont besoin » après un rapport appelant à des réformes
Les représentants des syndicats des postes ont fait part de leurs inquiétudes quant aux projets de refonte de La Poste suite à un rapport parlementaire indiquant que le système de courrier traditionnel devient financièrement insoutenable.
Le rapport formule 39 recommandations pour tenter d’améliorer la viabilité financière du service postal français, notamment des délais de livraison plus lents, moins de boîtes aux lettres jaunes et la restructuration de sa présence dans les zones rurales.
Des milliards de lettres en moins
La raison derrière les changements proposés est le déclin du courrier traditionnel. Les volumes annuels de lettres en France sont passés de 17 milliards de lettres en 2005 à cinq milliards en 2025, soit une réduction de plus des deux tiers.
Bien que l’entreprise ait augmenté ses prix conformément aux limites réglementaires fixées par l’Arcep (le régulateur français des télécommunications et des services postaux), ces augmentations n’ont pas compensé la perte de volume.
Toutefois, le rapport parlementaire publié au début du mois précise que « ces augmentations n’ont servi qu’à limiter la croissance du déficit du service, la diminution du volume du courrier entraînant inévitablement une réduction d’une année sur l’autre des recettes de La Poste ».
Parallèlement, le service postal universel oblige La Poste à maintenir un réseau national de collecte, de tri et de distribution, fonctionnant six jours par semaine.
Ce système reste coûteux, les chiffres montrant que le service enregistre un déficit annuel d’environ 643 millions d’euros (avant compensation de l’État).
Qu’est-ce qui pourrait changer
Pour y remédier, le rapport comprend 39 recommandations, dont les plus importantes sont :
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Extension du délai standard de livraison du courrier de trois à quatre jours à partir de 2028
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Suppression des boîtes aux lettres jaunes recevant moins de cinq lettres par semaine
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Réduire ou réorganiser les réseaux postaux dans les zones à faible trafic
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Ajuster davantage les tarifs aux coûts réels de livraison, notamment pour le courrier urgent
Dans les zones rurales, cependant, les propositions ont suscité des inquiétudes, car de nombreux habitants dépendent encore des services de courrier physique, en particulier les personnes âgées et celles ayant un accès limité aux alternatives numériques.
Le syndicat met en garde contre la perte de présence locale
Nicolas Galepides, secrétaire fédéral de Sud PTT, un syndicat représentant les travailleurs des secteurs des postes et télécommunications, a déclaré que le débat ne devait pas se concentrer uniquement sur le nombre de lettres livrées.
Il a fait valoir que les postiers fournissent un service public plus large car ils font souvent partie des rares visiteurs réguliers des ménages isolés.
« La présence des postiers est importante car ils constituent un point de contact de confiance », a déclaré M. Galepides à The Connexion. « Les gens ouvrent leurs portes à leur facteur ou à leur facteur. Cette relation est particulièrement importante en milieu rural et pour les personnes vulnérables. »
« Même s’il n’y avait aucune lettre à remettre, la présence d’un tiers de confiance resterait indispensable », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que le développement de La Poste dans les domaines de la banque, de l’assurance et des colis internationaux était initialement destiné à contribuer au financement de ses obligations de service public.
« L’idée était que les activités développées sur des marchés compétitifs contribueraient à soutenir la mission de service public », a-t-il expliqué. « La question aujourd’hui est de savoir si cet équilibre est toujours maintenu. »
Le rôle des bureaux de poste en France rurale
Le rapport parlementaire a également soulevé des questions sur l’avenir des petits bureaux de poste et des agences postales locales.
M. Galepides a déclaré que de nombreuses communautés rurales continuent de compter sur ces services, en particulier les résidents âgés et les personnes ayant un accès limité aux services en ligne.
Il a fait valoir que les décisions concernant l’accès postal devraient impliquer les communautés locales plutôt que de se fonder uniquement sur des calculs financiers.
« La question n’est pas seulement de savoir ce dont La Poste a besoin, mais aussi de savoir ce dont les gens ont besoin », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que les maires et les représentants locaux ont souvent joué un rôle dans le maintien des services postaux dans les petites communautés.
