Le projet ferroviaire Marseille-Nice de 3,65 milliards d’euros est en bonne voie
La première phase devrait s’achever vers 2030
Les travaux se poursuivent sur un projet de 3,65 milliards d’euros visant à augmenter de 66 % la capacité ferroviaire quotidienne entre Marseille et Nice, à la suite d’une demande de prêt auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI) plus tôt cette année.
Les chantiers les plus importants du projet se situent à l’aéroport de Nice, où une nouvelle gare est en construction.
Autour de Marseille, de nouvelles gares sont en construction à Saint-André et Arenc, ainsi que des quais et des lignes supplémentaires à proximité de Saint-Charles, la gare principale de la ville.
De nouvelles gares sont également en construction à Saint-Cyr-sur-Mer (Var), entre Marseille et Toulon, et à La Pauline (Var), de l’autre côté de Toulon.
Divers chantiers de moindre envergure ouvriront également dans la première phase, notamment de nouveaux ponts piétonniers et le remplacement de certains passages à niveau.
La première phase devrait s’achever vers 2030 et son coût est estimé à 1,2 milliard d’euros.
SNCF Réseau, qui pilote le projet, a confirmé qu’il a été entièrement financé et que des fonds ont été trouvés pour les travaux de planification détaillée de la deuxième phase.
L’élément le plus ambitieux – et le plus coûteux – du projet sera le creusement d’un tunnel de 8 km sous Marseille d’est en ouest, ainsi qu’une nouvelle station souterraine à Saint-Charles.
Les travaux devraient commencer en 2027, mais aucune date d’achèvement estimée n’a été annoncée.
Les travaux de démolition autour de Saint-Charles pour préparer les agrandissements du tunnel et de la ligne ont débuté.
La BEI a déclaré qu’elle étudiait la demande de prêt de 600 millions d’euros, mais a déclaré La connexion il ne pouvait pas donner de calendrier pour une décision probable.
Controverse
Les promoteurs du projet, une combinaison d’organismes gouvernementaux et de génie civil, affirment qu’en plus d’augmenter de 66 % la capacité potentielle quotidienne des trains de la région, il créera trois lignes de banlieue TER autour d’Aix-Marseille, Toulon et Nice.
Une fois le tunnel terminé, les trains traversant Marseille gagneront entre 15 et 20 minutes par rapport aux trains circulant sur les voies de surface.
Les passagers pourront également monter à bord des trains à l’ouest de Marseille et poursuivre la ligne jusqu’à Toulon et au-delà sans avoir à changer à Marseille.
Le projet n’a pas été sans controverse et les groupes de protestation ont été actifs depuis que les plans ont été dévoilés il y a 20 ans.
L’objectif initial était de créer une ligne TGV entre Marseille et l’Italie.
Cependant, l’élément à grande vitesse, initialement prévu dans les phases trois et quatre du projet, a été reporté en 2021 à une date ultérieure non précisée et devra désormais faire l’objet d’un processus de planification distinct.
L’une des raisons de ce changement pourrait être les protestations environnementales de longue date du côté italien contre une liaison ferroviaire à grande vitesse distincte entre Lyon et Turin.
Les enquêtes urbanistiques ont néanmoins continué à approuver le projet.
Appel au tribunal
Des décrets gouvernementaux autorisant l’achat obligatoire de certains terrains pour les deux premières phases du projet ont également été adoptés.
Certaines municipalités s’opposent encore au coût et à l’utilité du projet.
Ils affirment que les améliorations apportées aux systèmes routiers et ferroviaires existants, y compris les nouvelles lignes de bus et de tramway, seront beaucoup moins coûteuses et plus utiles.
Un recours contre le projet auprès du tribunal administratif a été lancée par les conseils locaux l’été dernier, mais l’affaire n’a pas encore été entendue.
L’estimation de 3,65 milliards d’euros pour les phases un et deux a été annoncée par le gouvernement en 2020, mais la facture finale sera probablement plus proche de 4 milliards d’euros pour tenir compte de l’inflation pendant la période de construction.
En 2020, le taux d’inflation était proche de zéro, mais en mai 2026 il atteignait 2,2 % en France.
