La gauche emmène un demi-million de français dans la rue pour «recevoir» le nouveau Premier ministre
Le 18 septembre, il sera marqué en rouge dans le calendrier social français. Une grève générale massive, convoquée par les principaux syndicats contre les réductions de 44 000 millions d'euros élevées par le précédent Premier ministre François Bayrou, a mobilisé des centaines de milliers de personnes à travers le pays. Les chiffres dansent: plus d'un million de manifestants selon les appels; Un demi-million pour le ministère de l'Intérieur.
Ce qui n'offre pas de discussion, c'est l'ampleur de la manifestation: les perturbations dans plusieurs villes, une assaut symbolique pour le ministère de l'économie de Bercy, des centaines d'arrestations et des dizaines de blessés avant la chute de la nuit.
Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, hérite d'un pays socialement brûlé. Bayrou se substitue après sa chute parlementaire, Lecornu n'était que quelques jours au pouvoir lorsqu'il a fait face à son premier grand test de feu. Et l'avertissement a été clair: les syndicats ne prévoient pas de donner une trêve. Le chef de la CFDT, Marylie Léon, l'a exprimé franchement: « C'est un avertissement très clair. »
Bien que LeCornu ait promis d'examiner le plan budgétaire et d'exclure la suppression des vacances, les syndicats ont décidé de maintenir le jour de la grève pour exiger que toute politique d'austérité soit abandonnée et que les taxes soient augmentées aux ultra-ups.
Une manifestation multicolore: des drapeaux rouges aux Palestinas
Si quelque chose a caractérisé, la journée a été sa pluralité de causes. Les gilets jaunes et différents groupes avec leurs proclamations de paralysie nationale ont été joints à la marée syndicale. Et, très visible, la cause palestinienne: des milliers de drapeaux ont fait signe à Paris, Marseille, Lyon, Nantes ou Bordeaux. « Par Palestine, contre l'austérité, contre Macron », les manifestants ont scandé à un carrefour qui unie des luttes locales et internationales.
L'une des images les plus puissantes a été vécue dans le ministère de l'économie, dans le quartier parisien de Bercy. Les syndicalistes ont réussi à se faufiler dans la cour du bâtiment dans une action brève mais intense. Ils ont remué des bannières, jeté des bombes homo rouges et déployé des drapeaux palestiniens jusqu'à ce qu'ils soient expulsés par la police en seulement dix minutes.
Le gouvernement a montré un appareil de 80 000 agents pour contenir les mobilisations. Bien que de nombreuses marches se soient développées pacifiquement, les affrontements étaient inévitables. À Paris, Rennes, Marseille ou Lyon ont lancé des gaz lacrymogènes, des incendies et des blocages ont été enregistrés et des scènes de grande tension ont été vécues. L'équilibre officiel jusqu'à 18 h 00 était de 181 détenus et 22 blessés – par exemple, dix manifestants, journaliste et plusieurs policiers.
Le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a tenté de réduire la tension en garantissant que les manifestations avaient été « moins intenses que prévues », un diagnostic qui contraste avec les images des villes paralysées et les monuments fermés, tels que la tour Eiffel ou une partie du Louvre.
Chocs avec la police et un pays blindé: la mémoire de 2023
La manifestation se souvenait inévitablement de la grande vague de mobilisations de 2023 contre la réforme des pensions de Macron. Ensuite, des millions de Français sont descendus dans la rue pendant des mois en rejet du retard de l'âge de la retraite. Maintenant, le fantôme de ces jours survole à nouveau le pays, avec la menace d'un automne chaud et de nouveaux appels: le 26 septembre, par exemple, le Fensea Farmers Union a déjà convoqué une mobilisation nationale contre l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur.
L'inconfort populaire semble aller au-delà d'un plan de coupe spécifique. La politique budgétaire et sociale de Macron accumule déjà plusieurs vagues de rejet depuis 2017 et sa marge de manœuvre est réduite. Lecornu, considéré comme la dernière tentative du président avant de nouvelles élections, a devant lui la tâche d'extinction d'un incendie qui augmente pendant des heures.
