La France figure parmi les pays qui retarderont le déploiement complet des contrôles aux frontières de l’EEE
nouvelles
Les opérateurs de ferry affirment que la technologie ne fonctionne pas encore assez bien
Mise à jour 14:18 du 14 septembre 2026 : Interrogé sur ces informations, le ministère de l’Intérieur confirme que « en ce qui concerne la mise en œuvre de l’EES et le déploiement généralisé des moyens de pré-enregistrement (kiosques et tablettes), une flexibilité sera autorisée jusqu’à la fin de l’année ».
La France et huit autres pays Schengen auraient eu un nouveau retard dans la mise en œuvre complète du nouveau système biométrique aux frontières de l’UE, malgré une flexibilité temporaire qui a officiellement pris fin la semaine dernière.
Ces pays auraient déclaré à la Commission européenne qu’ils ne pouvaient pas encore appliquer pleinement le système d’entrée/sortie (EES) sans risquer de graves perturbations à leurs frontières.
La France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Grèce, Malte, le Portugal, l’Italie et la Suisse auraient été autorisés à continuer de limiter les contrôles biométriques pour « maintenir la fluidité des frontières », rapporte Les temps.
Aucun nouveau délai n’a été fixé, selon le rapport.
La commission n’a pas commenté le sujet.
Des retards généralisés
Cette évolution intervient alors que les opérateurs de ferries français préviennent que le la technologie nécessaire aux contrôles EES ne fonctionne pas suffisamment bien pour traiter rapidement les passagers.
Jean-Marc Roué, président de Brittany Ferries, a déclaré à la publication maritime française Le Marin on ne pouvait pas s’attendre à ce que les passagers attendent trois heures supplémentaires pour simplement quitter le port après neuf heures de traversée de la Manche.
À Granville, dans la Manche, les passagers arrivant des îles anglo-normandes doivent attendre jusqu’à trois heures après le débarquement, selon Olivier Normand, directeur commercial de Manche Îles Express.
Il a ajouté que les retards poussent les clients anglais à abandonner les itinéraires.
Les opérateurs de ferry accusent les problèmes liés au logiciel utilisé pour les contrôles biométriques, faisant écho aux préoccupations soulevées par plusieurs groupes industriels notamment l’Airports Council International (ACI), Airlines for Europe (A4E) et l’Association du transport aérien international (IATA), plus tôt cet été.
Le groupe aéroportuaire français UAF ainsi que le Port de Douvres, Eurotunnel et Eurostar affirment également que le principal problème réside dans le logiciel et d’autres problèmes fonctionnels techniques liés aux équipements de pré-enregistrement que les autorités françaises ont choisi d’installer dans les grands aéroports et autres frontières très fréquentées.
Ils visent à accélérer les files d’attente en permettant aux passagers de saisir eux-mêmes la plupart de leurs informations EES, y compris les images faciales et les empreintes digitales, avant leur arrivée à la frontière. Toutefois, les exploitants signalent que, même si les essais se poursuivent et montrent des améliorations, les installations sont en bon état. toujours pas assez fiable.
Nous comprenons que les problèmes en France ne concernent pas, à ce stade, des défaillances des systèmes informatiques centraux de l’UE, mais principalement cet équipement de pré-enregistrement – la responsabilité de l’État français et de ses sous-traitants Thales – et la manière dont il se connecte aux systèmes centraux et à d’autres structures telles que les portails électroniques des passeports PARAFE.
Les rapports ont souligné les difficultés pratiques auxquelles la France a été confrontée après la date limite du 6 septembre pour l’octroi d’un assouplissement temporaire de l’EEE.
Cette flexibilité a permis aux postes frontières de suspendre temporairement la collecte d’empreintes digitales et d’images faciales (« données biométriques ») lorsque les files d’attente devenaient excessives. L’UE avait précédemment déclaré qu’elle ne prolongerait pas l’accord.
Les compagnies aériennes et les aéroports avaient prévenu que la suppression de cette flexibilité pourrait entraîner de graves perturbations.
L’Association du transport aérien international a demandé que les garanties restent disponibles après le 6 septembre, affirmant que les aéroports rencontraient toujours des problèmes opérationnels et techniques.
Les aéroports français ont également mis en garde contre de probables problèmes supplémentaires lors des pics de voyages d’automne et de Noël si la flexibilité n’était pas maintenue jusqu’à ce que les kiosques soient prêts.
La dernière concession annoncée par l’UE signifie que les voyageurs britanniques pourraient continuer à bénéficier de différents niveaux de contrôle biométrique en fonction de l’endroit où ils entrent en France et dans l’espace Schengen au sens large.
L’EES reste officiellement opérationnel et les gardes-frontières devraient toujours, au minimum, créer des fichiers numériques EES comprenant les informations de passeport des personnes et enregistrer leurs mouvements à l’entrée et à la sortie de l’espace Schengen.
Toutefois, les dernières évolutions suggèrent que la collecte de données biométriques continuera pour le moment à être appliquée de manière inégale aux postes frontières français.
