La chaleur entraîne des vendanges précoces du vin de Bordeaux – mais pas les plus précoces jamais enregistrées

Les vignobles espèrent que la fumée des incendies de forêt n’affectera pas le goût du produit

Un vignoble dans la région bordelaise

La récolte des raisins pour faire du vin a commencé historiquement tôt en France cette année en raison de la plusieurs vagues de chaleur qui ont accéléré la maturation des raisins.

Dans certaines régions du département des Pyrénées-Orientales, les premiers coups de sécateur ou de sécateur, et le rugissement des vendangeuses mécaniques ont commencé dès le 27 juillet, principalement pour les vins blancs et quelques vins effervescents.

De même, début août, les vignobles spécialisés dans la production de vins effervescents de Crémant du vignoble bordelais ont commencé les vendanges.

Les Crémants, qui sont élaborés de la même manière que les Champagnes, ont besoin de raisins peu sucrés et avec un bon équilibre d’acidité, c’est pourquoi ils sont souvent récoltés une semaine à 10 jours plus tôt que les autres vins blancs ou rosés de la région.

Les raisins ont besoin de chaleur et de soleil pour mûrir, et les vagues de chaleur, associées aux jours sans nuages, ont permis à certains vignobles de constater que leurs raisins sont désormais prêts.

Si les raisins sont laissés trop longtemps, ils deviennent trop sucrés et les vins risquent de devenir «confiturés» ou d’avoir des taux d’alcool très élevés.

Champagne et Grand Cru

En Champagne même, les vendanges devaient démarrer ce mercredi 12 août, soit trois jours plus tôt que prévu initialement.

Dans les domaines bordelais Grand Cru, qui produisent certains des vins rouges les plus chers, le début des vendanges devrait débuter le 17 août contre un début habituel la première ou la deuxième semaine de septembre.

Disque du 19ème siècle toujours intact

Mais le démarrage précoce des Grands Crus du Bordelais ne constitue pas un record absolu : il est détenu dès l’année 1893, où un été chaud et des conditions exceptionnelles imposent le feu vert pour le 15 août et certaines propriétés réalisent cette année-là d’excellents millésimes.

De même, les espoirs sont grands pour le millésime 2026.

« Le millésime s’annonce précoce en raison des conditions climatiques observées depuis le début de la campagne et il est déjà très prometteur d’une qualité exceptionnelle », a déclaré Sara Briot-Lesage de l’Union professionnelle des vins de Bordeaux. Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB).

« Le millésime 2026 s’avère historiquement précoce, tant pour la production de Crémant que pour certaines parcelles de vins blancs très spécifiques.

« Les précipitations que nous avons connues ce week-end ont sans aucun doute été bénéfiques pour la poursuite du développement de la vigne. »

La majeure partie de la région bordelaise a reçu au moins 3 mm de pluie au cours du premier week-end d’août, après un mois de juin où il n’est tombé que 15 mm sur tout le mois et un juillet où il est tombé environ 30 mm, principalement lors d’une grosse averse en milieu de mois.

Goût de « fumée » provenant des incendies de forêt

Les vins de Bordeaux ne sont pas susceptibles d’avoir un goût de « fumée » l’immense feu de forêt qui a détruit 420 km2 de forêt de pins la dernière semaine de juillet.

Un épais brouillard de fumée, semblable à une soupe aux pois, a recouvert la plupart des zones viticoles pendant au moins une journée pendant l’incendie.

« Le vignoble bordelais, qui s’étend sur environ 86 000 hectares, est situé loin du littoral atlantique où se sont produits les incendies », a précisé Mme Briot-Lesage.

Les vignobles les plus proches se trouvent à 15 km du lieu où l’incendie a pris fin.

« Aujourd’hui, alors que les incendies sont totalement maîtrisés, ce qui constitue un immense soulagement après plusieurs jours particulièrement difficiles, plusieurs éléments clés nous permettent d’affirmer avec certitude que ni le vignoble ni les vendanges à venir n’ont été affectés.

« Il est important également de saluer l’engagement exceptionnel des agriculteurs et vignerons locaux, qui ont apporté une aide précieuse aux pompiers en mettant à disposition des tracteurs, des citernes d’eau et d’autres équipements.

« Les zones touchées par l’incendie n’étaient pas des régions viticoles. »

Exemple californien

Les inquiétudes concernant les effets de la fumée provenaient principalement de l’expérience de certains vignobles californiens produisant des vins de qualité où des millésimes entiers étaient gâchés par un fort goût de fumée après des incendies de forêt.

Mais à Bordeaux, les scientifiques qui ont étudié l’expérience californienne et les effets des incendies de forêt de 2022 sont convaincus que l’odeur de fumée ne se produit généralement que lorsque les incendies se situent à quelques centaines de mètres des vignes, et se produit généralement dans les premières 24 heures de l’incendie, lorsque la fumée est à son maximum.

Les experts ont constaté que la simple exposition à la fumée ne donne pas de goût de fumée, qui dépend de l’absorption par la vigne de composés phénoliques volatils spécifiques.

Les niveaux de risque dépendent de facteurs tels que la distance entre les vignes et l’incendie, la durée pendant laquelle elles ont été couvertes de fumée et le stade de maturation des raisins, les raisins mûrs étant plus exposés.

« Lors des récents incendies, les vendanges étaient encore dans plusieurs semaines et les raisins n’étaient qu’au début ou au milieu de la période de véraison (le moment où ils prennent couleur, gonflent et ramollissent) », a expliqué Mme Briot-Lesage.

« A ce stade, la peau du raisin agit comme une barrière protectrice naturelle et limite considérablement l’absorption de ces composés. »

Malheureusement pour les viticulteurs du département du Var, il est possible que certains d’entre eux souffrent des vins « fumés », car les incendies de forêts se sont rapprochés par endroits de la lisière des vignes.

Le vignoble varois produit principalement des vins rosés, dont la plupart sont consommés en France.

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