Les prix de l’essence en France atteignent des niveaux records dans un contexte de conflit persistant au Moyen-Orient
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Un cinquième des ménages consacre désormais un mois de revenu annuel au carburant
Les prix de l’essence en France atteignent désormais des niveaux record alors que les tensions au Moyen-Orient continuent d’avoir un impact sur les prix.
Des prix moyens de 2,12 € le litre pour le SP95-E10 ont été enregistrés mercredi 9 septembre, le plus élevé jamais enregistré, selon Radio-France estimations basées sur des données gouvernementales. Le précédent sommet de 2,09 € le litre avait été enregistré en 2022, impacté par la guerre en Ukraine.
Une moyenne de 2,21 € par litre pour le SP98 est également la plus élevée jamais enregistrée, battant le précédent record de 2,19 € également établi en 2022.
Prix du diesel (essence) s’élèvent en moyenne à 2,29 € le litre en milieu de semaine, un peu en retrait du pic de 2,31 € enregistré en avril de cette année, mais augmentent régulièrement parallèlement aux prix de l’essence depuis des semaines. Notez que le graphique ci-dessous ne montre que les moyennes hebdomadaires jusqu’au 4 septembre et n’inclut pas les nouveaux records.
Après une forte hausse des prix du carburant en mars et avril suite à l’éclatement des tensions au Moyen-Orient, les prix du pétrole ont fluctué, impactant les coûts à la pompe.
Une flambée des prix du pétrole brut provoque souvent rapidement une hausse du prix du carburant, mais les réductions ultérieures peuvent prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour atteindre les consommateurs, et peuvent parfois être complètement ignorées par une nouvelle hausse des prix du pétrole brut.
La fermeture du détroit d’Ormuz, voie navigable vitale qui transporte jusqu’à un cinquième des réserves mondiales de pétrole brut et de gaz naturel, impacte les prix depuis plusieurs mois.
Une brève période de répit dans le conflit Le début de l’été s’est vite terminé et les deux camps ont commis plusieurs actes d’agression en août et septembre.
La plus récente d’entre elles – les frappes aériennes iraniennes sur des bases en Jordanie et des navires dans le détroit ce matin – a vu les prix du pétrole grimper à nouveau aujourd’hui.
Le prix du baril de pétrole brut Brent – la référence – a atteint 100 dollars, son plus haut niveau depuis fin juillet. Avant le conflit, les prix se situaient autour de 70 dollars le baril.
Le gouvernement français rencontrera aujourd’hui les dirigeants de l’industrie pour discuter de la réponse nationale à la crise, mais rien n’indique une baisse des prix dans un avenir proche.
Jusqu’à un mois de revenus annuels sur le carburant
Les prix des carburants ont fait la une des journaux au début de l’année, leur hausse soudaine ayant surpris autant les gouvernements que les conducteurs.
Les pays européens ont pris diverses mesures pour limiter cette augmentation, allant de réductions temporaires de la TVA sur le carburant à des limites sur les achats quotidiens de carburant.
Les prix ont chuté en mai et juin, mais depuis juillet, ils ont lentement augmenté de quelques centimes le litre chaque semaine, dépassant désormais les records précédents.
En réponse à la hausse des prix, fin juillet, le géant des stations-service TotalEnergies rétabli son plafond de 1,99 € le litre d’essence dans toutes ses stations-service et celui de 2,25 € le litre de diesel. Ces plafonds de prix sont en cours.
Cette augmentation progressive du coût du carburant a un impact sur les revenus des ménages en France.
Les estimations de l’Insee, l’organisme national de statistiques, suggèrent qu’environ un cinquième des ménages français, soit plus de cinq millions, consacrent au moins un mois de leur revenu annuel au seul carburant – à l’exclusion des autres coûts liés aux véhicules – ce qui les oblige à réduire leurs dépenses dans d’autres domaines et, en fin de compte, nuit à l’économie.
Ces ménages sont principalement situés dans des zones plus rurales, où les véhicules sont nécessaires à la vie quotidienne.
Les prix élevés du carburant ont fait des véhicules électriques une option de plus en plus attractive, notamment avec les nouvelles aides à l’achat du gouvernement.
Un plafonnement des prix demandé
Plus largement, le passage à l’électrique est soutenu par les leaders du secteur, dont Michel-Edouard Leclerc, patron de la chaîne de supermarchés E.Leclerc.
« Dans (les supermarchés) E.Leclerc, Système U et Carrefour, nous allons à toute vapeur avec l’électrique. Le pétrole sera toujours imprévisible, il y aura toujours des conflits. Passons à l’électrique », a-t-il déclaré dans une interview à la radio. Europe 1 hier.
À court terme, il a appelé à un plafonnement des prix du carburant pour éviter une nouvelle instabilité.
« Nous atteignons le sommet d’un cycle… À un moment donné, le fardeau sur la croissance, en particulier pour le secteur agricole, deviendra si lourd que les pouvoirs publics seront contraints de plafonner les prix », a-t-il déclaré, sans donner de limite exacte sur le moment où ils devraient être plafonnés.
Il a également souligné le coût élevé des taxes sur les carburants – jusqu’à 60 % du coût du carburant pour le consommateur est consacré aux taxes – qui pourrait être réduit temporairement à une baisse des coûts pendant la crise.
Aide au carburant prolongée
Le gouvernement a jusqu’à présent exclu de telles mesures.
Un plafonnement des prix et une réduction des taxes sur les carburants coûteraient des milliards à l’État à la veille d’un budget axé sur la réduction du déficit et de la dette de la France.
Le gouvernement avait déjà envisagé de plafonner les bénéfices sur la marge sur le carburant, mais cela n’a pas été mis en œuvre.
La principale politique promue par le gouvernement, son aide au carburant de 100 € pour ceux qui conduisent pour le travail ou pour de longs trajets, a été prolongée jusqu’à fin septembre. L’aide ne peut être obtenue qu’une seule fois par conducteur.
Les conducteurs peuvent vérifier les prix du carburant dans les stations à proximité en utilisant le service du gouvernement. site de comparaison de prix.
