L’UNESCO s’intéresse de plus en plus au parc éolien du Débarquement en Normandie
Un parc éolien de 64 turbines en construction au poste du Calvados
Le nouveau classement UNESCO des plages du Débarquement en Normandie a suscité un regain d’intérêt pour un parc éolien de 64 turbines en construction au large des côtes du Calvados.
EDF insiste sur le fait que l’UNESCO était pleinement au courant de ce projet.
Les plages sur lesquelles les forces alliées ont débarqué le 6 juin 1944, ont été récemment ajoutés à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Ils comprennent Utah Beach, Omaha Beach, Gold Beach, Sword Beach, Pointe du Hoc et Juno Beach.
Juno Beach la plus touchée
Juno Beach sera la plus touchée par le parc éolien en construction au large de Courseulles-sur-Mer. Elle fait suite à la construction d’un site de 71 éoliennes plus à l’est, à Fécamp. Un troisième est en construction à l’est, à Dieppe.
Jean-Louis Butré, président de la Fédération Environnement Durable (FED), a déclaré que l’inscription à l’UNESCO renforce les préoccupations soulevées par son organisation et les groupes locaux depuis plus d’une décennie.
« Les plages du Débarquement sont des lieux sacrés », a-t-il déclaré. La connexion. « Nous ne pouvons pas demander à l’UNESCO d’aider à protéger le patrimoine mondial tout en autorisant des projets qui, à notre avis, altèrent ces paysages. »
La FED a appelé le gouvernement à suspendre la construction, affirmant que les éoliennes, situées à environ 10 km au large, modifieront l’expérience des visiteurs.
« Lorsque les gens visitent les plages, c’est avant tout un lieu de mémoire », a déclaré M. Butré. « Ils viennent se souvenir du sacrifice des soldats américains, canadiens, britanniques, australiens et alliés venus aider à libérer l’Europe.
« Vous aurez des éoliennes qui clignoteront devant vous.
« Cela change l’atmosphère d’un site historique. »
M. Butré a ajouté que les parcs éoliens offshore peuvent également avoir des impacts environnementaux en raison de la construction de fondations sur le fond marin, ainsi que des effets sur la vie marine et les oiseaux.
‘Mémoire prise en compte’
EDF Power Solutions, partenaire du projet de turbine, rejette toute contradiction avec la signification particulière du site.
« EDF se félicite de l’inscription des plages sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO », a déclaré un porte-parole.
« Les équipes travaillant sur le projet ont pleinement pris en compte la mémoire du Débarquement. »
EDF a déclaré que cette approche a été développée suite aux engagements pris après un débat public sur le projet il y a plus de 10 ans.
Un groupe dédié « Histoire et devoir de mémoire » a été créé, réunissant des historiens, des organisations d’anciens combattants, des musées et d’autres représentants impliqués dans la préservation du patrimoine de la Seconde Guerre mondiale.
Dans le cadre de ces travaux, les 64 turbines porteront le nom des navires ayant participé au Débarquement et à la Bataille de Normandie.
Le porte-parole a déclaré : « L’existence du parc éolien offshore a été prise en compte et incluse dans le rapport de l’inspecteur de l’UNESCO évaluant le site. »
Électricité et emplois
Le parc éolien du Calvados aura une capacité totale d’environ 450 mégawatts, produisant l’équivalent de la consommation électrique domestique de plus de 630 000 personnes, soit plus de 90 % de la population du département du Calvados.
Les éoliennes seront implantées au large des côtes du Bessin sur une superficie d’environ 50 km².
EDF a indiqué que l’empreinte du projet sur les fonds marins représenterait moins de 1 % de cette superficie.
L’entreprise prévoit également des retombées économiques pour la région, avec plus de 1 000 emplois créés lors des travaux et une centaine de postes permanents liés à une future base de maintenance du port de Caen-Ouistreham.
Un parc éolien sera démantelé en 2057
Le projet s’inscrit dans le cadre d’une expansion plus large de l’énergie éolienne offshore en France.
Le gouvernement a lancé des appels d’offres pour 10 nouveaux parcs éoliens, ce qui pourrait porter la capacité éolienne offshore totale du pays à 15 GW d’ici 2035 si tous se concrétisent.
La recommandation de l’UNESCO concernant le parc éolien est qu’il soit démantelé à la fin de sa concession, en 2057, et que le site soit remis dans son état d’origine.
Il ne s’agit cependant pas d’un ordre légal pour arrêter le projet ou retirer les éoliennes.
Pour l’instant, malgré la reconnaissance de l’UNESCO et l’opposition persistante de plusieurs associations, le projet de parc éolien avance.
