Faut-il installer des pièges à frelons asiatiques vers la fin de l’été ?
Comment réagir si vous trouvez des frelons asiatiques à proximité
Question du lecteur: J’ai commencé à voir plus de frelons asiatiques dans mon jardin en août. Dois-je installer des pièges maintenant, ou feront-ils plus de mal que de bien ?
Même si l’activité du frelon asiatique augmente vers la fin de l’été, il est déconseillé d’installer des pièges dans les jardins ou autour des habitations.
Le Bureau d’études sur les insectes et l’environnement (Office pour les insectes et leur environnementOPIE) précise que les attaques contre les abeilles mellifères « augmentent au fur et à mesure que la saison avance et atteignent leur apogée en septembre et octobre ».
C’est la période où les grandes colonies peuvent exercer une pression importante sur les ruches, notamment dans les zones comportant de nombreux ruchers.
Cependant, l’OPIE prévient que le piégeage généralisé peut nuire à la biodiversité car « les pièges non sélectifs tuent des millions d’insectes ».
Il s’agit notamment des abeilles sauvages, des abeilles mellifères, des papillons, des syrphes, des guêpes indigènes et d’autres insectes pollinisateurs. Certains de ces insectes sont d’importants pollinisateurstandis que d’autres aident à réguler les populations d’autres insectes.
C’est pourquoi l’OPIE précise que le piégeage doit être limité à des situations précises : « L’utilisation des pièges doit être limitée aux zones autour des ruchers touchées par la présence de frelons à pattes jaunes. »
Les pièges ciblés peuvent donc être utilisés par les apiculteurs lorsque leurs ruches sont fortement attaquées, mais ils ne sont pas recommandés comme solution générale.
La période de fin d’été est cependant importante car les colonies commencent à produire de futures reines. La DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes précise que « de mi-août à fin septembre, la colonie élève les individus reproducteurs ».
Les premières nouvelles reines émergent fin septembre, c’est pourquoi « il est important de détruire le plus de nids possible avant cette date ».
La destruction des nids avant le départ des nouvelles reines vise à réduire le nombre de nouvelles colonies pouvant s’établir l’année suivante.
Jérémy Riand, professionnel de la lutte contre les frelons à l’Arrêt Frelons 85, déconseille de recourir aux pièges à cette période de l’année. Il a ajouté que le piégeage est plus utile plus tôt dans la saison, lorsque les reines émergent et établissent des colonies.
« Il faut le faire en février, mars et avril pour pouvoir piéger les reines. Si on piége une reine, ça fait un nid de moins », a-t-il expliqué. La connexion.
À la fin de l’été, dit-il, les reines restent à l’intérieur du nid tandis que les ouvrières sont à l’extérieur.
« A cette époque de l’année, vous allez piéger les ouvrières car les reines ne sortent plus du nid. »
Par conséquent, il est peu probable que la capture d’un petit nombre d’ouvrières fasse une grande différence pour une colonie établie.
« Vous pouvez piéger trois ouvrières, mais dans le nid, qui ne devrait pas être très loin, 15 autres peuvent naître. Il n’est plus vraiment utile de les piéger. Cela peut limiter les effectifs, mais cela ne servira pas à grand-chose. »
Que faire si vous trouvez un nid
Si vous trouvez un nid chez vousjardin ou cabanon, il est important de n’essayez pas de le supprimer vous-même. Gardez une distance de sécurité, même si elle semble petite et inoffensive, et assurez-vous que les enfants et les animaux domestiques restent à l’écart.
Le mois d’août est une période particulièrement sensible car les nids secondaires atteignent leur pic d’activité. Les colonies peuvent contenir des milliers d’individus à ce stade, et les frelons deviennent plus défensifs car ils protègent la colonie et la reine.
Les vibrations ou les bruits forts provenant d’activités telles que la tonte, la taille de haies ou le dérangement des branches à proximité d’un nid peuvent déclencher une réponse défensive collective.
M. Riand a averti que déranger un grand nid peut entraîner la réaction simultanée d’un très grand nombre de frelons.
« Quand le nid est suffisamment grand, si vous essayez de le détruire, vous pouvez avoir 200, 300 ou 400 frelons qui arrivent sur votre visage, vos jambes et vos bras. »
Il conseille donc aux propriétaires de faire appel à un professionnel plutôt que de tenter de s’occuper eux-mêmes du nid.
Si possible, prenez une photo du nid en gardant vos distances, en utilisant le zoom et sans flash, afin que son emplacement puisse être enregistré avec précision. Signalez-le ensuite à votre mairie ou à des professionnels certifiés.
Selon votre région, les autorités locales vous dirigeront vers un spécialiste ou feront retirer le nid.
