Les députés français approuvent le projet de loi sur l’aide à mourir – comment cela fonctionnerait

La loi pourrait entrer en vigueur au début de l’année prochaine

La loi sur l’aide à mourir a déjà été rejetée à trois reprises par le Sénat français

Les députés français ont approuvé la création d’une loi sur le droit à mourir, qui pourrait entrer en vigueur début 2027.

Le 15 juillet, le projet de loi a obtenu une nette majorité de 291 voix contre 241, avec 29 abstentions. La plupart des députés de gauche et macronistes ont voté pour, tandis que les députés de droite étaient contre. Vous pouvez voir comment chaque député a voté en vérifiant le Archives de l’Assemblée nationale.

Emmanuel Macron et Laurent Panifous, ministre chargé des relations avec le Parlement, ont salué le respect des députés à l’égard du deux ans que le projet de loi est débattu au Parlement – le projet de loi ayant déjà été rejeté à trois reprises par le Sénat.

Le débat a également reçu réaction négative des groupes de campagne religieux et éthiques.

« L’adoption de la loi sur l’aide médicale à mourir est une avancée majeure pour notre société, car elle répond à une demande très forte de la grande majorité des Français… Mes pensées vont à tous ceux qui ont dû terriblement souffrir parce que cette loi n’existait pas », a déclaré Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, dans une publication sur Facebook aujourd’hui (16 juillet).

Le ministère de la Santé doit désormais publier plusieurs décrets et règles précisant les modalités pratiques de l’aide médicale à mourir avant que la loi puisse entrer en vigueur.

« Les mesures réglementaires nécessaires à la pleine mise en œuvre des réformes adoptées par le Parlement sont élaborées et publiées dans les six mois suivant la promulgation d’une loi », précise-t-on. Légifrance.

Cela signifie qu’une loi sur l’aide à mourir en France pourrait entrer en vigueur au début de l’année prochaine.

Comment fonctionnerait la loi ?

Le projet de loi sur l’aide à mourir s’appliquerait aux personnes âgées de 18 ans et plus, de nationalité française ou résidant en France sur des « bases stables et légales », et capables « d’exprimer librement leur volonté et de bien comprendre les faits ».

La loi permettrait aux patients souffrant d’une « maladie grave et incurable », « mettant leur vie en danger » et en « phase avancée ou terminale », de recevoir ou d’administrer une substance mortelle pour mettre fin à leurs jours.

Les patients doivent également vivre des souffrances physiques et psychologiques liées à leur condition. Cette souffrance doit être soit insensible au traitement, soit « insupportable, lorsque (le patient a) choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter de recevoir un traitement ».

Le patient devra obtenir l’autorisation de son médecin, ainsi que l’accord d’un autre médecin et d’un soignant dans un délai de 15 jours. Toutefois, le projet de loi prévoit également une « clause de conscience » pour les professionnels de santé qui ne souhaitent pas participer à l’intervention. Les médecins concernés doivent plutôt fournir à leurs patients les noms de professionnels de santé alternatifs.

Le patient doit également observer un délai de réflexion minimum obligatoire de deux jours avant de confirmer sa décision.

Des sources médiatiques telles que Franceinfo disent que le gouvernement et les agents de santé sont en train de créer un formulaire ou une enquête que les patients doivent remplir lorsqu’ils font leur demande de droit à mourir.

Des informations doivent être rédigées à l’intention des professionnels de la santé afin de les aider à déterminer ce dont les patients doivent être conscients s’ils souhaitent mettre fin à leurs jours.

Le gouvernement devra également sélectionner quelles pharmacies seront autorisées à préparer les substances mortelles.

Le ministère de la Santé consulte la Haute Autorité de santé (HAS) pour déterminer la composition des substances mortelles. La HAS est également chargée de déterminer les modalités de prescription et d’administration des produits, ainsi que de définir les protocoles en cas de complications.

Le suicide assisté signifie qu’un patient mettrait fin à ses jours en prenant une boisson ou un médicament mortel, tandis que l’euthanasie signifie que quelqu’un d’autre administrerait la substance légale si le patient est incapable de le faire de manière indépendante.

Les actes seraient entièrement pris en charge par l’Assurance maladie, mais les prix des produits et les tarifs des prestations sont encore en discussion.

Les Français déjà demandeurs d’aide à mourir à l’étranger

Au moins 158 Français sont morts par euthanasie ou suicide assisté en 2025 en Belgique (110) et en Suisse (48), où des lois sur le droit à mourir sont déjà en place.

Les chiffres de la Belgique sont publiés par la Commission fédérale pour le contrôle et l’évaluation de l’euthanasie.

En Suisse, Dignitas est le seul organisme d’aide à mourir à publier des statistiques, il est donc probable que le nombre total de ressortissants français ayant demandé l’aide à mourir en Suisse soit supérieur à 48.

En Suisse, les chiffres ont régulièrement augmenté au cours des 25 dernières années, avec seulement deux patients français en 2001, 15 en 2011 et 45 en 2021.

La majorité des patients étaient âgés de 50 à 79 ans, souffraient de maladies physiques graves et incurables, et leur mort « naturelle » était attendue dans un avenir proche.

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