Quatre garages français sur dix enfreignent les règles en matière de fraude et de faute professionnelle
1 600 garages de toutes tailles inspectés par l’organisme de surveillance du gouvernement
Une agence de surveillance française a mis en garde les automobilistes contre les signaux d’alarme courants auxquels ils doivent faire attention lorsqu’ils ont affaire à des services de réparation automobile.
L’agence de protection des consommateurs, la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes), a récemment publié les résultats d’une inspection qu’elle a menée auprès de 1 600 garages de toutes tailles.
L’agence a constaté que 40 % des garages ne respectaient pas les règles destinées à protéger les clients contre la fraude et les mauvaises pratiques.
L’opération a été menée en 2024 mais ses conclusions n’ont été publiées que 18 mois plus tard, après l’aboutissement des procédures judiciaires, principalement des mises en demeure.
Malgré les efforts de l’agence les plaintes se sont poursuivies tout au long de 2024.
Plus de 10 000 signalements concernant l’entretien et la réparation des véhicules ont été transmis via la plateforme de reporting en ligne de l’agence, signal.conso.gouv.fren 2025.
Une nouvelle série d’inspections est prévue pour 2026.
« Nous conseillons aux automobilistes de toujours demander un devis écrit au garage avant le début des travaux et de le vérifier attentivement », précise un porte-parole de la DGCCRF.
« Les automobilistes doivent toujours vérifier l’avis affiché pour connaître le prix de la main d’œuvre et s’assurer qu’ils comprennent les travaux qui seront effectués. »
Il indique que le coût des réparations dans les garages a considérablement augmenté ces dernières années, le taux horaire moyen de main-d’œuvre passant à 100 € en 2023, contre 84 € en 2019.
Lors de la dernière grande tournée de contrôles en 2022, 30 % des garages inspectés se sont révélés en infraction. Cependant, l’agence a déclaré que l’augmentation de 10 % en 2024 était probablement due à des inspections plus ciblées, plutôt qu’à une augmentation du nombre d’opérateurs malhonnêtes entrant dans le secteur.
Voici cinq des problèmes les plus courants identifiés par l’agence et que les automobilistes doivent surveiller :
1. Manque de clarté sur les prix
La plupart des problèmes identifiés concernaient la tarification. Les garages soit n’ont pas affiché leurs tarifs pour les travaux, soit ont fourni des estimations inférieures au montant finalement facturé une fois les réparations terminées.
Les problèmes de prix ont donné lieu à l’émission de 500 lettres d’avertissement et à l’établissement de 220 procès-verbaux, une procédure pouvant conduire à une amende ou à une comparution devant le tribunal.
2. Facturation des travaux non effectués
Certains des cas les plus graves concernaient des garages facturant à leurs clients le retrait et le remplacement de pièces de véhicules alors que les composants d’origine n’avaient en fait pas été remplacés.
D’autres cas incluent l’application de frais de stationnement injustifiés et de frais pour des procédures de diagnostic régulièrement effectuées dans le cadre de travaux d’entretien standard.
3. Ne pas trouver de pièces détachées automobiles d’occasion
Il a également été constaté que plusieurs garages enfreignaient la réglementation les obligeant à rechercher des pièces d’occasion ou reconditionnées plutôt que des composants neufs et à informer les clients de toute différence de coût.
4. Clauses illégales sur les factures
La DGCCRF a également identifié des problèmes dans les conditions contractuelles figurant sur les factures, estimant que certaines clauses étaient illégales.
Parmi les exemples cités figuraient des dispositions imposant un tarif journalier pour chaque jour où une facture restait impayée. Même si ces frais peuvent être appliqués entre entreprises du secteur automobile, ils ne peuvent légalement pas être imposés aux clients privés.
D’autres clauses illégales visaient à exonérer les garages de toute responsabilité dans les cas où les véhicules étaient volés ou endommagés alors qu’ils étaient sous leur garde, ou prévoyaient qu’ils pouvaient facturer aux clients un montant qu’ils jugeaient approprié pour les travaux effectués sans obtenir au préalable le consentement du client.
5. Modifications illégales des véhicules
Les inspecteurs ont également identifié une catégorie d’infractions impliquant des modifications illégales des véhicules, le plus souvent la désactivation ou la suppression de systèmes antipollution.
Dans certains cas, les garages qui avaient modifié légalement leurs véhicules, par exemple en les convertissant au carburant E85, n’ont pas informé leurs clients qu’ils étaient tenus de mettre à jour les documents d’immatriculation du véhicule et d’informer leur assureur des modifications.
L’enquête de la DGCCRF a également examiné l’utilisation croissante d’Internet pour réserver des réparations et acheter des véhicules.
Elle a constaté que certains garages ne comprenaient pas pleinement les règles régissant les contrats en ligne et a fourni des conseils pour aider à prévenir de nouvelles violations.
