Succession française : que sait-on des testaments de droit américain et de l’exonération du prélèvement des héritiers ?
Les dernières clarifications du gouvernement faisaient explicitement référence à l’exonération du droit anglais
Plusieurs lecteurs se sont interrogés sur les implications pour les Américains des récentes clarifications du gouvernement français sur la loi française sur les successions de 2021 sur les droits des héritiers.
Les précisions ont été adressée à la Commission européenne et précisent clairement que la loi d’Angleterre et du Pays de Galles étant considérée comme protectrice des enfants, la loi française de 2021 ne s’applique pas si cette loi est destinée à régir le partage de la succession d’une personne décédée.
Cela signifie qu’un testateur, qui choisit le droit successoral anglais pour sa succession, est libre de la laisser à qui il le souhaite.
Ils n’ont pas à tenir compte des règles françaises qui obligent les parents à laisser des parts déterminées à leurs enfants et les notaires qui s’occupent de la succession au décès de ne pas avoir besoin de contacter les enfants n’ayant pas reçu de parts selon la loi française.
Cependant, le gouvernement n’a pas spécifiquement fait référence à la loi américaine dans ses commentaires publiés dans la lettre « préalable à la clôture » de la commission.
Ce problème pourra être résolu lors de la publication de précisions supplémentaires dans un bulletin officiel destiné aux notaires et autres professions réglementées. Le ministère de la Justice nous a indiqué que cela était attendu fin juin.
Quelle est la loi 2021 ?
La loi de 2021 pourrait entrer en jeu lorsqu’une loi successorale étrangère est censée régir la répartition du patrimoine d’une personne étrangère ou binationale décédée vivant en France et lorsque la personne avait choisi la loi de sa nationalité dans son testament, en utilisant les règles de l’UE.
La loi peut également affecter les successions situées en France de certaines personnes décédées vivant à l’étranger si elles ont la citoyenneté européenne ou si l’un de leurs enfants est citoyen européen ou vit dans l’UE.
La loi de 2021, désormais inscrite à l’article 913 alinéa 3 du Code civil, dit qu’elle entre en vigueur là où une loi étrangère s’appliquera et où le testateur ou au moins un de ses enfants était un résident ou un citoyen de l’UE, et où la loi étrangère ne protège pas les enfants.
Si ces conditions existent et que les enfants n’ont pas hérité d’un héritage substantiel, le notaire chargé de la succession (ou de la succession française) doit notifier aux enfants du testateur le droit de réclamer un « prélèvement compensatoire » sur la succession située en France, à hauteur des droits qu’ils auraient eu en vertu du droit successoral français.
De nombreux étrangers – dont la majorité souhaitent léguer entièrement leur succession à leur partenaire et ont été informés qu’ils pouvaient le faire en optant pour un mécanisme européen de 2012 – se sont plaints de la loi française.
Le gouvernement français a maintenant rassuré la commission sur le fait que sa loi de 2021 aura un effet limité car elle ne s’appliquera que si la loi étrangère ne comporte absolument aucun mécanisme de protection des enfants. Elle a précisé qu’il n’est pas nécessaire que le droit étranger ait fixé des parts d’héritiers similaires à celles prévues par le droit français.
Ainsi, les dispositions familiales trouvées dans le droit « anglo-saxon » sont suffisantes, confirment les autorités, citant notamment le droit anglais, comme des sources l’ont déjà dit, The Connexion pourrait être le cas.
Alors, qu’en est-il de la législation américaine ?
Si de nombreux pays anglophones disposent de règles comparables aux « dispositions familiales » – permettant aux enfants déshérités de saisir un tribunal pour une partie de la succession sous certaines conditions – ce n’est généralement pas le cas des lois américaines.
Aux États-Unis, le droit des successions est fixé au niveau des États plutôt qu’au niveau fédéral, de sorte que les récentes déclarations françaises verront probablement les avocats des Américains en France (ou ayant des biens en France soumis à la loi de 2021) rechercher tout ce qui protège les enfants.
Jérôme Poltorak de Toulouse, notaire français anglophone et intéressé par les questions internationales, nous a transmis les notes de recherche suivantes.
« Les États-Unis sont un État fédéral comprenant plusieurs unités territoriales, chacune avec son propre système juridique ; il est donc impossible de dresser un aperçu exhaustif de l’ensemble de la législation en vigueur.
« Cela dit, nous souhaitons rappeler, par souci d’exhaustivité, que seul l’État de Louisiane semble disposer d’un réserve héréditaire équivalente à celle du droit français (elle s’en inspire directement : voir article 1495 du Code civil de Louisiane), entendue comme une part fixe de la succession à laquelle ont droit tous les enfants, quel que soit leur besoin financier.
« D’après nos recherches, et sous réserve de notre bonne compréhension du droit américain, il ne semble pas exister de mécanisme général tout à fait analogue aux ‘dispositions familiales’ du droit anglais, permettant à un enfant du défunt de réclamer, par l’intermédiaire des tribunaux, une aide financière prélevée sur la succession en fonction de son état de besoin ou de sa dépendance à l’égard du défunt.
« Il apparaît cependant que certaines juridictions disposent d’une forme de mécanisme de soutien permettant aux proches du défunt de percevoir, à titre temporaire (uniquement pendant la gestion de la succession), une ‘allocation familiale’ via une procédure judiciaire qui, en principe, peut être intentée par toute personne intéressée pour répondre à ses besoins immédiats pendant le règlement de la succession.
« Par exemple, l’article 732.403 des Statuts de Floride prévoit le versement d’une somme permettant au conjoint survivant et aux héritiers en ligne directe (mineurs ou enfants à charge) dont le défunt avait la charge de percevoir une forme d’« allocation familiale » prélevée sur la succession pour assurer leur entretien pendant la durée de l’administration de la succession à condition qu’elle n’excède pas la somme de 18 000 $.
« Une « allocation familiale » similaire semble également exister dans l’État de l’Arizona, ainsi que dans les États de Californie, du Nebraska et du Texas.
« Comme nous ne sommes pas des spécialistes du droit américain, il est indispensable – le cas échéant – de consulter un professionnel du droit dans la juridiction à laquelle la loi s’appliquerait effectivement. »
La connexion note qu’il n’est pas encore possible de dire si les règles relatives aux « allocations familiales » seront considérées comme suffisantes, car il existe des arguments possibles pour et contre.
D’une part, leur existence pourrait être utilisée pour affirmer que les lois en question contiennent quelque chose de protecteur pour les enfants ; d’autre part, on peut dire que leur effet est plus limité que celui des dispositions familiales anglaises, principal exemple fourni jusqu’à présent par les autorités françaises.
En l’absence de précisions supplémentaires, les notaires devront donc trancher au cas par cas, si possible en concertation avec les avocats de l’Etat concerné.
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La connexion a un guide d’aide pour l’héritage en France, avec plus d’informations sur les testaments et les successions pour les personnes qui s’installent en France ou achètent une propriété ici. Dans les deux cas, il est conseillé de réfléchir à vos projets futurs et à la manière dont les règles françaises peuvent les affecter.
