Le leader du Mouvement pour la Déconnexion : "Nous avons réagi tardivement à l'impact des réseaux sociaux sur les mineurs"

Le leader du Mouvement pour la Déconnexion : « Nous avons réagi tardivement à l’impact des réseaux sociaux sur les mineurs »

Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a annoncé que l’Espagne interdirait l’utilisation des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, une mesure qui obligera les plateformes numériques à déployer des mécanismes fiables et efficaces de vérification de l’âge. L’annonce a eu lieu lors de son discours au Sommet mondial des gouvernements, où il a également annoncé un ensemble supplémentaire de quatre initiatives réglementaires visant à mettre fin aux « abus des grandes technologies » et à renforcer un écosystème numérique sûr, démocratique et pleinement respectueux des droits fondamentaux.

Parmi ces propositions figure la fin de l’irresponsabilité juridique des cadres supérieurs, qui seront légalement responsables des infractions commises sur les plateformes qu’ils gèrent. De même, l’Exécutif propose de criminaliser la manipulation d’algorithmes et la promotion artificielle de contenus illégaux. À ces mesures s’ajoute la mise en œuvre d’un système de suivi, de mesure et de traçabilité qui permet de définir une soi-disant empreinte de haine et de polarisation, ainsi qu’une collaboration avec le parquet pour analyser d’éventuelles violations de la loi par des plateformes telles que Grok, TikTok et Instagram.



Avec cet ensemble d’initiatives, l’Espagne rejoint la « Coalition des personnes disposant du numérique », avec cinq autres pays européens, dans le but de promouvoir une action coordonnée à l’échelle internationale permettant l’application d’une réglementation plus stricte, plus agile et plus efficace sur les réseaux sociaux et les grandes plateformes numériques.

Les exemples de la France et de l’Australie

L’Australie et la France sont devenues les principaux laboratoires internationaux d’une réglementation plus stricte de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, anticipant un débat qui prend désormais de l’ampleur dans le reste de l’Europe. Dans le cas français, le gouvernement a choisi de limiter l’utilisation des plateformes numériques aux enfants de moins de 15 ans et de restreindre clairement la présence de téléphones portables dans les centres éducatifs, une décision qui, comme le souligne Diego Hidalgo, fondateur de Movimiento Off, « valorise positivement la décision de la France de limiter l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans et de restreindre l’utilisation du téléphone portable dans les centres éducatifs, et considère qu’elle peut ouvrir la voie à d’autres pays européens, dont l’Espagne ».

L’expérience australienne va encore plus loin, fixant le seuil à 16 ans, ce qui montre que le débat ne porte plus sur l’opportunité de réglementer ou non, mais plutôt sur la question de savoir où placer la limite. « N’oubliez pas que des pays comme l’Australie ont déjà fixé la limite à 16 ans, donc sortir d’une situation sans restrictions est, dans tous les cas, un progrès », déclare Hidalgo. Le contexte de ces mesures répond à une préoccupation croissante quant à l’impact de l’environnement numérique sur les adolescents, puisque « l’utilisation des réseaux sociaux entre 15 et 18 ans a un coût social, psychologique et culturel très élevé, comparable à d’autres activités légalement réglementées comme la consommation d’alcool ou de tabac ».

Face aux critiques sur la difficulté de contrôler l’accès, le fondateur du Movimiento Off insiste sur le fait que « la difficulté d’application ne doit pas servir d’excuse pour ne pas légiférer », rappelant que de nombreuses réglementations sont appliquées même sans garanties absolues. En outre, il souligne que ces cadres réglementaires ne cherchent pas seulement à sanctionner, mais aussi à renforcer le rôle des parents et des éducateurs, car « ils servent avant tout à responsabiliser les familles, les parents et la communauté éducative, en renforçant leur autorité et leur capacité d’intervention ».

Même si le débat sur la vie privée reste ouvert, il existe des alternatives techniques plus solides qu’une simple déclaration d’âge. Dans ce contexte, l’interviewé est convaincu que l’Espagne finira par suivre cette voie, également étayée par des preuves scientifiques de plus en plus solides sur les bénéfices d’une réduction drastique de l’hyperconnexion dès le plus jeune âge.

Les bénéfices de la mesure

Au-delà du débat sur l’accès aux réseaux sociaux en dehors du milieu scolaire, le débat s’intensifie lorsqu’il se déplace à l’intérieur des centres éducatifs. À ce stade, l’interviewé souligne qu’« il existe de plus en plus de preuves scientifiques qui démontrent les bénéfices immédiats de l’interdiction totale des smartphones dans les écoles et instituts », notamment en termes de concentration, de coexistence et de bien-être émotionnel. Face aux solutions intermédiaires qui cherchent à rendre l’usage du téléphone mobile compatible avec l’environnement éducatif, Hidalgo insiste sur le fait que « des mesures partielles sont moins efficaces qu’une interdiction totale, car elles réduisent l’hyperconnexion et améliorent la socialisation et la prise en charge des mineurs ».

Selon lui, permettre un accès contrôlé ou une utilisation limitée des appareils maintient intactes bon nombre des dynamiques de dépendance et de distraction qui affectent le développement académique et social des étudiants. L’expérience accumulée dans différents pays et centres qui ont opté pour des vetos complets renforce cette idée, montrant des améliorations rapides et mesurables tant dans les performances que dans les relations entre les étudiants.





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