Illustration de l'île aux faisans

La Marine s’apprête à « prendre » l’Île aux Faisans dans la rivière Bidasoa après 6 mois sous juridiction française

L’île aux Faisans et sa souveraineté sont l’un des sujets les plus intéressants en termes de politique internationale et de traités entre pays. Inconnu de beaucoup, il n’a pas d’habitants et mesure moins d’un hectare, mais son origine historique et sa juridiction attirent l’attention de beaucoup. De même, le fait est que la Marine se prépare déjà à « prendre le relais » au bout de six mois. Ainsi, dans tout cela entre en jeu le concept de « copropriété internationale », nécessaire pour comprendre la dynamique entre la France et l’Espagne.

L’Île aux Faisans – en français, Île des Faisans – est située entre Irun et Hendaye, cette dernière au Pays Basque français, sur les rives de la rivière Bidasoa. Et cela est particulièrement important, car c’est dans ses eaux que se trouve le petit îlot. Au-dessus, il sépare l’Espagne et la Nouvelle-Aquitaine, dans le pays voisin, il mesure 66 kilomètres et son bassin est petit mais très actif. Court et rapide, c’est ici que fut signé le Traité des Pyrénées en 1659.



La marine « prend » Pheasant Island

Récemment, le compte officiel de la Marine espagnole a rapporté sur son profil sur le réseau social X que le processus de prise de contrôle de l’Île aux Faisans était déjà en cours. Le message a donc été clair. « À compter du 1er février, l’île Faisan, rivière Bidasoa, sera sous juridiction espagnole, conformément au régime de souveraineté alternative établi dans le traité de frontière avec la France. » A cela, ils ont ajouté que cela implique « la Marine comme responsable de leur sécurité ». Tout cela répond au Traité des Pyrénées précité, qui établit :

  • Paix définitive entre l’Espagne et la France
  • Nouvelle frontière suivant la chaîne des Pyrénées
  • Cession de territoires à la France comme la province du Roussillon, anciennement espagnole
  • Accord de mariage entre Louis XIV de France et Marie-Thérèse d’Autriche
  • Statut particulier de Pheasant Island, qui reste en copropriété

Il y a ainsi de nombreux points intéressants à analyser. L’accord et le mariage dynastique ont eu lieu entre Louis XIV de France et María Teresa d’Autriche, cette dernière fille de Philippe IV. Ainsi, elle renonce à son droit au trône d’Espagne en échange d’une dot, d’actifs et de propriétés que la France n’a jamais payés. De même, même si bon nombre de ces décisions peuvent être remises en question il y a des centaines d’années, la vérité est que le Traité des Pyrénées a mis fin à la guerre entre les deux pays après deux ans de combats.

De la juridiction française au territoire espagnol

Le traité stipule ce qui suit : L’île aux Faisans n’est une possession permanente d’aucun des deux pays, mais sa juridiction change tous les six mois. C’est resté le cas jusqu’à présent, et l’alternance fonctionne simplement. Du 1er août au 31 janvier, elle est sous souveraineté française et du 1er février au 31 juillet -tous deux inclus- elle est officiellement sous souveraineté espagnole.

En droit international, cela s’appelle un condominium, qui n’est rien d’autre qu’un territoire sur lequel deux ou plusieurs pays ont une souveraineté conjointe ou alternative. Cela n’implique pas que le lieu – de ce côté, la petite île – soit physiquement divisé, mais simplement un accord entre États. En outre, il se distingue par un autre facteur particulier : il s’agit de la copropriété à souveraineté alternative la plus ancienne et la plus petite au monde, avec 350 ans d’histoire réussie et pacifique.





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